Le sirop contre la toux est surtout efficace contre les AVC

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COUGH SYRUP
La N-acétylcystéine présente dans les sirops expectorants détruirait mieux les caillots sanguins qui créent les AVC. | shutterstock
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SANTÉ - Le sirop contre la toux serait efficace pour protéger des accidents vasculaires cérébraux dits AVC. Non contente d'expulser le mucus par les voies aériennes, la N-acétylcystéine qui compose les sirops expectorants déboucherait aussi les artères obstruées par un caillot sanguin, selon une équipe de chercheurs de l'Inserm.

Mucomyst, Exomuc et Fluimucyl ouvriraient la voie à une nouvelle stratégie de traitement des accidents vasculaires cérébraux. Cette étude coordonnée par Maxime Gauberti et Sara Martinez de Lizarrondo a été publiée en mai dans la revue Circulation.

Mauvais éléments

Jusqu'ici, ces sirops étaient sur le banc de touche. En 2010, ils avaient été interdits aux nourrissons, accusés d'aggraver un surencombrement bronchique, en raison de la faible capacité des nouveaux-nés à tousser pour éliminer les sécrétions produites.

En 2015, le journal 60 Millions de consommateurs estimait que rien ne venait prouver l'efficacité de ces expectorants. Les voilà en passe de se racheter une réputation.

Casser les liaisons moléculaires

L'obstruction d'une artère par un caillot sanguin est la première cause de mortalité dans le monde. Appelée thrombose, elle entraîne des accidents vasculaires cérébraux (AVC) ischémiques (manque d'apport en oxygène et en nutriments), des infarctus du myocarde et des ischémies de membre. Lorsque la thrombose survient, il s'agit d'une urgence thérapeutique: il faut détruire le caillot au plus vite afin de rétablir le flux sanguin et éviter des dommages irréversibles.

Le mécanisme d'action de la N-acétylcystéine est très simple: elle casse les liaisons moléculaires entre les protéines de mucine (le principal constituant du mucus). Plus précisément, elle découpe les molécules de mucine en fragment plus petits, rendant le mucus plus fluide et plus facile à expectorer.

Le dérivé synthétique en intraveineuse

Or, la mucine du mucus pulmonaire n'est pas la seule protéine du corps humain à former des liaisons moléculaires. Au niveau des vaisseaux sanguins, on retrouve ce même type de liaisons, aboutissant à la formation de thrombose. Dans ce cas, ce n'est pas la mucine mais le facteur de von Willebrand, qui est la protéine possédant la capacité de provoquer l'agrégation des plaquettes et la formation des caillots sanguins.

Ainsi, les chercheurs de l'Unité Inserm 1237 (en collaboration avec des chercheurs de l'Unité Inserm 1176 et l'Université de Pennsylvanie) ont démontré que l'injection intraveineuse de N-acétylcystéine permet de fragmenter les caillots sanguins et déboucher ainsi les artères. Dans plusieurs modèles d'AVC ischémiques, la N-acétylcystéine est même bien plus efficace que les traitements actuellement disponibles.

Selon les auteurs de ces travaux, "la N-acétylcystéine est un traitement à bas coût, déjà utilisé dans le monde entier comme médicament contre la toux, la démonstration de ses effets thrombolytiques pourrait avoir de très larges applications pour la prise en charge des patients atteints d'AVC ischémiques ou d'infarctus du myocarde. Nous souhaitons œuvrer dans ce sens et démarrer le plus rapidement possible un essai clinique."

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