L'accueil des ressortissants syriens bloqués à Figuig entravé par les autorités marocaines

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Les autorités marocaines ont entravé lundi 05 juin 2017 le transfert des réfugiés syriens, bloqués depuis le 16 avril dernier à Figuig au Maroc, vers le territoire algérien. Le ministère des affaires étrangères a affirmé que les autorités marocaines ont refusé d'autoriser ces ressortissants d'entrer au territoire algérien par le poste frontalier de Beni Ounif, à 110 km au nord de Bechar.

Les autorités algériennes locales, le représentant algérien du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), Hamdi Boukhari et des cadres du ministère des Affaires Etrangères "ont pris depuis lundi passé toutes les dispositions pour accueillir, à titre humanitaire, ces migrants dont une femme enceinte et des enfants" avant de décider à lever provisoirement ce dispositif.

Le MAE a affirmé dans un communiqué datant de mercredi 7 juin que "tout était prêt" pour assurer des conditions de prise en charge optimales à ces ressortissants.

"Une auberge de jeunes d'une capacité d'une cinquantaine de chambres, dotées de tous les équipements, a été transformée en centre d'accueil. Des repas chauds, préparés sur place, devaient être servis. Une équipe du comité local du Croissant rouge algérien et de la protection civile était présente sur place pour assurer la couverture sanitaire et psychologique aux membres du groupe", a relayé l'agence de presse officielle l'APS.

Une fois sur place, la délégation officielle algérienne et le représentant du HCR ont été surpris par le refus des autorités marocaines d'autoriser à ces ressortissants l'entrée au territoire algérien par le poste frontalier de Beni Ounif, a rajouté la même source.

Hamdi Boukhari a multiplié jusqu'à tard dans la soirée les contacts avec les responsables du HCR à Genève et ses homologues de la région MENA et du Maroc, leur demandant d'intervenir pour un dénouement de ce problème.

Pourtant, très tôt dans la journée, le représentant du HCR à Rabat assurait un bon déroulement de cette opération humanitaire à Hamdi Boukhari. Toutefois, sur le terrain, la situation a été toute autre. Le HCR n'a pas été en mesure d'aboutir à une solution, au "regret" du MAE.

Les autorités algériennes ont averti le représentant du HCR qu'aucun autre déplacement ne se fera le mardi vers le poste frontalier de Beni Ounif sans assurances quant au bon déroulement de l'opération.

Le porte-parole du ministère des affaires étrangères, Abdelaziz Benali Cherif, a ainsi déclaré mercredi que malgré toutes les dispositions prises pour accueillir ce groupe de migrants, le "HCR n'a pas été en mesure d'aboutir à une solution".

"Devant cette situation regrettable, l'Algérie se voit contrainte de lever provisoirement le dispositif mis en place pour leur accueil et leur prise en charge et ce, dans le respect des règles et de la pratique, internationales en la matière", a ajouté le même responsable dans un communiqué.

L'Algérie a décidé le 1er juin dernier, d'accueillir à titre humanitaire ce groupe de ressortissants syriens, dont une femme enceinte et des enfants, bloqués, depuis le 17 avril, à Figuig.

Le porte-parole du MAE, Abdelaziz Benali-Cherif avait expliqué que "ce geste humanitaire exceptionnel, que l'Algérie consent, tient compte de la situation particulièrement difficile dans laquelle se trouve ce groupe, dont une femme enceinte et des enfants".

Il a affirmé le consentement des autorités algérienne à y mettre fin en ce mois sacré de ramadan, "en les accueillant sur le territoire algérien, leur assurant un hébergement, leur prodiguant les soins nécessaires et leur permettant, si tel est leur souhait, de rejoindre d’autres membres de leurs familles".

Un groupe de 55 réfugiés syriens est retenus depuis le 18 avril 2017 à zone frontalière située près de la ville marocaine de Figuig. Ils sont pris au piège dans une zone désertique près de la frontière, où ils dorment à la belle étoile et sont dans l’incapacité de demander l’asile.

Les autorités marocaines ont accusé publiquement l’Algérie d'avoir expulsés ces demandeurs d’asile vers le Maroc. Le ministère algérien des Affaires étrangères a dénoncé des "allégations mensongères" visant "nuire à l’Algérie", accusant à son tour le pays voisin d'avoir tenté d'expulser ces réfugiés vers le territoire algérien.

Une "querelle" qui a fait réagir plusieurs associations, ayant appelé les deux pays à "assumer leurs responsabilités" et accueillir les réfugiés syriens bloqués à la frontière commune tout en les accusant de "non-assistance" à des migrants en danger.

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