Programmes TV du ramadan: "Le téléspectateur marocain a le droit de porter plainte"

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Jacek27
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TÉLÉVISION - Tous les ans, c'est le même discours. Les programmes du ramadan sont annoncés et avant même leur diffusion, les téléspectateurs marocains roulent les yeux au ciel et se plaignent de la "médiocrité" de ces programmes.

Et les contenus ne vont pas en s'améliorant, c'est "de pire en pire", juge Aderrahim Lahbib, chargé de la communication de l'Association marocaine des droits des téléspectateurs. Car oui, on ne le sait pas tous, mais les téléspectateurs ont des droits.

Pour Aderrahim Lahbib, les chaînes ne se préoccupent plus du tout de la qualité de leurs programmes ramadanesques. "Il n y a pas d'efforts pour créer des contenus qui peuvent intéresser les spectateurs marocains", déplore-t-il.

Les publicités prennent le pas sur les programmes

Les chaînes sont pourtant régulièrement remises au pas par la HACA. En 2014, la Haute autorité de la communication audiovisuelle a infligé une amende salée à 2M: 1,5 million de dirhams pour excès de publicité pendant ramadan.

Sans grand effet puisque, comme le note Aderrahim Lahbib, "pour 10 minutes de programme, on a droit à une durée supérieure de publicité, et on observe que cela aussi se dégrade", estime-t-il. "Les téléspectateurs subissent une double agression, de la part des responsables des chaînes et de la publicité".

Il faut dire que le mois sacré est une mine d'or pour les annonceurs, la majorité des foyers marocains étant devant leur écran pendant cette période. Selon Marocmétrie, près de 70% des Marocains regardent les chaînes nationales durant le ramadan.

"Les téléspectateurs ont des droits"

Ces programmes sont souvent sujets à controverse de la part des téléspectateurs et des responsables politiques. Des critiques qui n'empêchent pas des programmes comme la caméra cachée de 2M "Mchiti Fiha" de réaliser des audiences records tous les ans.

"La coutume du mois de ramadan est que la famille marocaine se réunit autour de la table à manger. On ne cherche pas à satisfaire celle-ci mais à faire passer des spots publicitaires pour différents produits", regrette Aderrahim Lahbib. "Il y a quelques artistes qui sortent du lot mais dans l'ensemble, ce n'est pas fameux".

Mais les téléspectateurs marocains ne doivent pas oublier qu'ils disposent de droits rappelle le chargé de la communication de l'Association marocaine des droits des téléspectateurs. "Ils peuvent déposer une plainte auprès de la HACA", explique ce dernier. Autre option plus radicale: bouder les programmes des chaînes et zapper.

Concernant une intervention possible du ministère de la Communication, le responsable associatif n'y croit pas trop. "Ce sont les patrons des chaînes qui ont le dernier mot; le rôle du ministère ne servira à rien, ce n'est que le téléspectateur qui peut changer les choses".

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