La data est désormais la première source du renseignement

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DATA
Cropped shot of a young computer programmer looking through data | PeopleImages via Getty Images
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Si la plupart des travaux de recherche des laboratoires du traitement politico-stratégique de l’information ont conclu que la guerre froide a été majoritairement marquée par la dominance des axes diplomatiques et militaires dans l’analyse multidimensionnelle de l’URSS par les services secrets occidentaux, le secteur du renseignement subit, à son tour, les effets de la grande influence des technologies digitales.

L’espionnage traditionnel a cédé sa place aux campagnes internationales de cyberattaques menées à des fins d’espionnage, de sabotage et de désinformation. Le programme de surveillance de masse PRISM en est une preuve parmi d’autres. Développé par l'Agence nationale de sécurité américaine (NSA), il permet de casser des codes informatiques protégeant des secrets bancaires, médicaux, des informations gouvernementales ou du monde des affaires et "aspirer" par la suite toute la masse des métadonnées qui sera analysée par des "systèmes experts" réalisés sous forme de logiciels, pour être utilisée, par la suite, selon le domaine d’usage.

Prenons le domaine militaire comme exemple, le choix des cibles frappées par les drones se base, aujourd’hui, beaucoup plus sur l'analyse des données téléphoniques, et celles des réseaux sociaux que sur les renseignements fournis par les agents de terrain qui seront, d’ailleurs, appelé dans le futur à exécuter des instructions qui émanent d’un logiciel et non d’un général.

PRISM est donc en quelque sort l’enfant né du mariage entre le numérique et les services secrets américains. Ce mariage poussera ainsi la communauté internationale du renseignement à opter pour une réforme révolutionnaire des méthodes de travail. Même les effectifs doivent désormais inclure les générations du numérique.

Dans un monde où le taux de la connectivité des populations augmente de jour en jour, aucun métier ne demeurera hermétique au numérique, même celui de l’agent du renseignement. Les services des renseignements des autres pays ont compris la nécessité de ne plus rester accrochés au modèle traditionnel. Plusieurs d’entre eux font appel à des compétences spécialisées dans la cyberdéfense des administrations et des entreprises.

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