Tour du Maroc à la voile: "Quand on a un terrain de jeu, on a envie d'en prendre soin, de le garder propre"

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HICHAM AACHI ET MEHDI ROUIZI
Tour du Maroc à la voile 2017/Facebook
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SPORT - Partis du port de Saïdia le 29 mai dernier, Hicham Aachi, 21 ans, et Mehdi Rouizem, 37 ans, se sont lancé l'incroyable défi de faire le tour du Maroc à la voile, en reliant Saidia à Dakhla en moins d'un mois. Ce challenge initié par les deux adeptes des sports nautiques n'a qu'un seul objectif, celui de sensibiliser les Marocains aux joies de la voile et des sports nautiques en général. Principale difficulté de cette épopée maritime: le catamaran de 5 mètres sur lequel Hicham et Mehdi naviguent ne dispose pas de cabine.

Un message à faire passer

À la base de ce fameux défi, un duo composé de deux skippers en herbe, Hicham et Mehdi. Le premier est moniteur de voile dans une école de Mohammedia, le second dirige cette école. Ils se connaissent très bien et ont choisi de partir ensemble pour ce qu'ils considèrent être un "formidable moyen de faire découvrir le littoral marocain et ses 3.500 km de côte", selon Mehdi Rouizem.

La notion de découverte est très importante aux yeux des deux skippers. Passionnés par la voile depuis leur plus jeune âge, ils sont parmi les premiers marocains à se lancer dans une telle aventure. "Cela faisait un moment qu'on y pensait. L'idée est née du fait que l'on voulait faire parler de la voile, car ce sport n'est pour l'instant vraiment pas populaire ici au Maroc", se souvient Mehdi Rouizem pour le HuffPost Maroc. "Nous voyons un potentiel énorme pour ce sport, quand on voit comment cela avance dans d'autres pays. Nous étions vraiment embêtés que le Maroc ne profite pas de ses 3.500 km de côtes. Ce tour du Maroc à la voile sonne donc comme un cri du coeur pour dire "Occupons-nous de ce beau sport !" C'est une véritable école de la vie", poursuit Mehdi. Ce dernier rêve de voir s'engager de nouveaux adeptes, tant pour la voile que pour les sports nautiques en général, considérant que ces futurs sportifs seront par ailleurs des gens qui voudront prendre soin de leur littoral. "Quand on a un terrain de jeu, on a envie d'en prendre soin et de le garder propre", assure-t-il.

Initier les plus jeunes pour préparer l'avenir

Si l'objectif des deux skippers est de parcourir 2.400 km de côtes, ils ont également dans leur viseur les nombreuses écoles de voiles qui ponctuent le littoral marocain. À chaque étape, Hicham et Mehdi s'arrêtent au port et se retrouvent rarement seuls, l'arrivée des deux challengers ne passant pas inaperçue en ville. Aussi, de nombreuses familles et enfants sont là pour soutenir leurs idoles d'un jour. "Chaque fois qu'on s'arrête dans un port, on invite des enfants, des familles, des gens de la ville pour faire des tours en mer", déclare Mehdi Rouizem au HuffPost Maroc.

voile maroc

Ici, Hicham Aachi s'apprête à embarquer avec une femme et deux enfants, quelque part entre Tanger et Mohammedia

3 questions à Mehdi Rouizem

mehdi rouizem

Pourquoi avoir choisi le mois de ramadan pour ce Tour du Maroc?

Ce n'est pas le ramadan qui a déterminé les dates de notre challenge, nous ne sommes pas masos! Il s'agissait en fait de nos disponibilités. Il se trouve qu'on était tous les deux disponibles durant le mois de juin, alors on a foncé. Le mois de juin est en général la période la plus venteuse de l'année, alors non, aucun rapport avec le ramadan. Donc nous jeûnons, c'est dur mais c'est la vie!

Quelle est le plus gros inconvénient au fait de naviguer sans cabine?

Sans hésitation, le manque de confort! C'est très inconfortable parce qu'on est vite trempés par les vagues qui nous frappent, et que l'on a aucun moyen de se sécher à l'intérieur... On reste donc trempés toute la journée, jusqu'à ce qu'on arrive à bon port et qu'on puisse enfin profiter d'un peu de confort. Et quand je parle de confort, je parle bien sûr de sommeil! On a passé 2 nuits en mer sur les premières étapes et une autre entre Tanger et Mohammedia. Imaginez-vous une fois la nuit tombée, sans aucun moyen de se mettre au chaud. Il nous est arrivé trois fois de passer la nuit dehors en pleine mer, et franchement, c'est assez spécial. La nuit, on se relaye: quand l'un essaye de dormir, l'autre est sur le pont. Donc oui, le confort est le principal problème de cette traversée.

À quoi ressemble une journée type du Tour du Maroc à la voile?

On se réveille aux alentours de 7h du matin. Ensuite, à 8 ou 9h, on prépare le bateau, on vérifie que tout le matériel est bien en place, qu'il ne nous manque rien de spécial. Puis vers 10h, on démarre, on quitte notre point d'attache du jour et on se dirige vers la prochaine étape. Le soir, on arrive à bon port aux alentours de 19h ou plus. Parfois même, on passe la nuit en mer.

Mehdi Rouizem et Hicham Aachi sont en ce moment même entre Mohammedia et Agadir. Il leur reste encore plus de la moitié du périple à parcourir. Les deux skippers marocains devraient arriver à leur étape finale, à Dakhla, entre le 20 et le 22 juin.

Pour ceux qui veulent suivre de plus près l'épopée maritime, Mehdi et Hicham filment leurs exploits chaque jour et les diffusent presque instantanément sur leur page Facebook, à voir ici.

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