Nasser Zefzafi en détention provisoire à Oukacha

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Nasser Zefzafi en détention provisoire à Oukacha | Reuters/Youssef Boudlal
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JUSTICE - Nasser Zefzafi, leader du mouvement populaire du Rif, appelé "Hirak", a été déféré, en compagnie de six autres membres de ce mouvement, à Casablanca dans la nuit de lundi à mardi.

Les sept mis en cause ont été entendus par le juge d'instruction Abdelouahed Majidi près la Chambre criminelle de la Cour d'appel de Casablanca. Au terme de l'interrogatoire de comparution, première étape de l'instruction, le juge d'instruction a émis un mandat de dépôt contre Nasser Zefzafi et les six autres pour être placés en détention préventive à la prison civile d'Oukacha.

Plus de 300 avocats pour défendre

Selon les dires de l'un de ses avocats, Me Abdessadak Elbouchattaoui, à l'arrivée des prévenus à Casablanca, ce sont plus de 300 avocats de différents barreaux du Maroc, dont des bâtonniers, qui se sont présentés pour assister Zefzafi et ses six camarades.

L'avocat a également précisé que Nasser Zefzafi a fait l'objet de nombreuses et lourdes accusations, ajoutant que la séance d'instruction a été "particulièrement agitée". Elle a débuté aux alentours de 23h, lundi 4 juin, pour ne finir que trois heures plus tard, à 2h du matin, mardi 6 juin, heure à laquelle les sept prévenus ont donc été transférés à la prison d'Oukacha.

Un chapelet d'accusations

Dans un communiqué du Parquet publié mardi, ce dernier a demandé l'ouverture d'une enquête à l'encontre de ces personnes pour leur présumée implication dans des crimes d'atteinte à la sécurité intérieure de l'Etat, en menant une attaque ayant pour but la dévastation, le massacre et le pillage dans plusieurs régions, la préparation d’un complot visant à porter atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat, à l'intégrité du royaume et sa souveraineté, à travers la perception de sommes d'argent, de dons et d'autres avantages pour mener et financer une activité et une propagande, et à ébranler la loyauté des citoyens envers l’Etat marocain et les institutions du peuple marocain.

Ces accusations concernent également la participation et la contribution à l’organisation de manifestations non autorisées, la tenue de réunions publiques sans autorisation, la participation à un attroupement armé et à des actes de violence contre les agents de la force publique ayant entraîné l'effusion de sang, l'offense à une instance organisée et aux agents de la force publique lors de l'exercice de leurs fonctions, l'incitation publique et la contribution à l'incitation contre l'intégrité territoriale du Royaume, l'entrave préméditée d’un culte occasionnant un désordre de nature à en troubler la sérénité, la participation et l’incitation à la révolte armée et d'autres crimes passibles de sanctions pénales.

ziane zefzafi

La mère de Zefzafi aux côtés de Mohamed Ziane

zefzafi parents

La nuit dernière, les parents de Nasser Zefzafi étaient également présents à la cour d'appel de Casablanca, aux côtés de Mohamed Ziane, ancien bâtonnier de Rabat et ex-ministre des droits de l'Homme qui, plus tôt dans la journée, avait organisé une rencontre entre les parents de Zefzafi et Abdelilah Benkirane, l'ancien chef du gouvernement, au domicile de ce dernier à Rabat.

Une rencontre qui, pour l'instant, n'a donné aucune suite à cette affaire. Le père de Nasser Zefzafi aurait toutefois déclaré: "Je n'ai pas demandé l'intervention de Monsieur Benkirane ni de qui que ce soit".

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