Des Syriens sont toujours coincés dans la zone tampon entre le Maroc et l'Algérie

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Des Syriens sont toujours coincés dans la zone tampon entre le Maroc et l'Algérie | Capture d'écran/Facebook
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IMMIGRATION - Sept semaines après leur arrivée à la frontière maroco-algérienne, près de Figuig, 25 réfugiés syriens seraient encore coincés dans le no man's land entre les deux pays. Les autorités algériennes avaient pourtant annoncé, vendredi dernier, qu'elles acceptaient de les accueillir provisoirement en Algérie avant qu'ils ne rejoignent leur familles ou des proches au Maroc et dans d'autres pays étrangers.

Sur les 41 réfugiés qui survivaient en plein désert, 16 auraient néanmoins franchi clandestinement la frontière marocaine et seraient donc sur le territoire marocain, dont une femme enceinte sur le point d'accoucher. Une dizaine d'autres auraient tenté de traverser la frontière pour rejoindre la ville de Figuig mais auraient été refoulés par les autorités marocaines et ramenés à leur point de départ.

25 personnes, dont des enfants, seraient donc toujours coincés et n'auraient pas pu être recueillis par le bureau algérien du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Ce dernier, accompagné d'une délégation du Croissant rouge algérien et de représentants du ministère des Affaires étrangères, n'a pas pu accéder au groupe de Syriens au point frontalier algérien de Béni Ounif lundi 5 juin.

La délégation algérienne aurait été empêchée de pénétrer dans la zone tampon par l'armée marocaine, rapportent les médias algériens. Selon une source au sein du HCR en Algérie, contactée par le HuffPost Maroc, "le Maroc n'a pas voulu laisser passer le groupe par le poste frontalier".

Ni à boire, ni à manger

Dans une vidéo publiée lundi sur la page Facebook de la diaspora syrienne en Allemagne, un réfugié syrien coincé dans la zone tampon affirme qu'ils n'ont pas pu être rejoints par les autorités algériennes et que cela fait trois jours qu'ils n'ont ni à boire ni à manger.

Le représentant du HCR au Maroc, Jean-Paul Cavalieri, a quant à lui refusé de donner sa version sur cette affaire. "Je préfère éviter de faire un commentaire pour ne pas compromettre les chances de trouver une solution sereine à cette situation humanitaire délicate", confie-t-il au HuffPost Maroc, assurant que les bureaux du HCR à Rabat et à Alger sont en contact "permanent" avec les autorités des deux côtés "pour que cette situation puisse trouve une issue favorable".

Une source au sein du ministère marocain des Affaires étrangères nous explique, sous couvert d'anonymat, que les réfugiés syriens étaient déjà sur le sol algérien, sous-entendant ainsi que le Maroc n'est en aucun cas responsable de cette situation. Cette même source nous a renvoyés vers le ministère de l'Intérieur, en charge des questions de sécurité territoriale, mais ce dernier est resté injoignable ce jour.

"Avant qu'il ne soit trop tard"

Mardi 6 juin, le réseau EuroMed Rights, qui regroupe 80 ONG de défense des droits humains, a publié un communiqué exhortant les deux pays à trouver "une solution immédiate avant qu’il ne soit trop tard".

"Alors que l’absence de dialogue entre l’Algérie et le Maroc perdure, des hommes, des femmes et des enfants attendent depuis cinq jours que les forces militaires des deux pays, qui ont pourtant renforcé la surveillance dans la zone ces dernières heures, daignent leur apporter de l’eau et de la nourriture", écrit EuroMed.

L'association demande ainsi qu'on leur donne "un accès sans délai au HCR (Alger, Genève ou Rabat)" afin qu'ils soient "enregistrés et puissent entamer les démarches nécessaire à leur accueil et au respect plein et entier de leurs droits dans le pays d’asile de leur choix".

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