Le dernier film de Ayoub Qanir sur la Mongolie en sélection au festival italien Ischia (ENTRETIEN)

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AYOUB QANIR
Ayoub Qanir
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CINÉMA - Le réalisateur maroco-américain Ayoub Qanir sera en compétition au festival du Film d’Ischia qui a lieu en Italie du 24 juin au 1er juillet grâce à son dernier film tourné en Mongolie "Le monde dont on rêve n’existe pas". Le film raconte l'histoire d'un chaman Mongole qui sacrifie sa vie pour sauver celle de son petit-fils, tombé dans un coma après avoir mangé des champignons toxiques.

Ayoub Qanir a déjà participé à de nombreux festivals notamment celui de Cannes en 2015 dans la catégorie Short Film Corner avec son court-métrage "Artificio Conceal". Le public marocain le connaît plus grâce à ses bandes dessinées, "La Marche Verte", qui lui a valu un wissam royal et "Un Marocain dans l’espace" avec Assaad Bouab.

Pour son dernier film, le réalisateur a vu les choses en grand. Il a choisi une destination insolite et est parti à l'aventure sans savoir à quoi s'attendre. Invité par la Croix Rouge, il est parti en Mongolie et s'est laissé séduire par une culture qui lui a rappelé la culture marocaine. Entretien.

HuffPost Maroc: Comment vous est venue l'idée du film?

Ayoub Qanir: Le film s'est construit sur presque 3 ans. Au début, je voulais produire le film au Tibet mais c’était très compliqué d’avoir des autorisations de tournage en Chine. Je voulais expérimenter quelque chose de nouveau. J’étais très inspiré par le film de Jean-Jacques Annaud avec Brad Pitt "7 ans au Tibet". Finalement, j’ai été invité par la Croix Rouge pour tourner en Mongolie, et j'ai été très chaleureusement accueilli. Les Mongols croient énormément à dieu et aux esprits. Pour eux, l’esprit d’un mort peut revenir pour les conseiller à travers un messager, le chaman, et c’est ce personnage-là et les paysages époustouflants du pays qui m’ont inspiré pour le film.

On a du mal à croire que le film est une simple fiction...

Contrairement à mon film précédent "Artificio Conceal" dont l’écriture du scénario s’est étalée sur des années, "Le monde dont on rêve n’existe pas" est plus un film expérimental. J’ai voulu essayer de nouvelles choses. Si le film reste une fiction, les personnages du film ne sont pas des acteurs. Il nous a fallu près d’un an pour trouver les Mongols qui voulaient bien travailler avec nous et qui correspondaient à ce que l’on cherchait. Les scènes ne sont donc pas contrôlées. C’était un risque à prendre dont il fallait gérer les mauvaises surprises, mais qui finalement a donné des scènes auxquelles on ne s’attendait pas.

Comment était le tournage dans un tel environnement?

Nous étions une sorte de production “nomade”, nous vivions dans des tentes et faisions à manger dans les coffres de nos voitures. Nous dormions par terre dans un froid glacial et nous nous réveillions aux bruits des vaches en faisant attention de ne pas être attaqués par les loups de la vallée. C’était nécessaire pour faire ce film et être en harmonie avec le magnifique paysage que nous offrait la Mongolie. C’était magique.

Comment était le travail avec les Mongols?

Je pense que ma culture marocaine était un avantage en Mongolie. Elle m’a permis de comprendre leur culture qui est aussi colorée que la nôtre. Les locaux étaient d'ailleurs impressionnés par l’histoire du film qui venait d’une personne qui n’a encore jamais visité le pays. Il y a eu d’autres films sur la Mongolie mais qui sont restés assez stériles et plastifiés dans leur approche. Les deux producteurs mongols avec lesquels j'ai travaillé m'ont aussi beaucoup aidé.

Comment voyez-vous l'évolution du cinéma au Maroc?

Il y a un vrai instinct créateur au Maroc, qui doit élargir sa vision artistique. Les producteurs marocains doivent essayer de sortir du scénario traditionnel et très prévisible. Toutes les grandes idées ne surgissent qu’avec les prises de risques. Si on ne risque rien, on ne trouve rien. Et j'espère, à travers ce film, inspirer les jeunes marocains à essayer de nouvelles approches et méthodes dans leurs films. Ils peuvent échouer mais en ressortiront toujours avec de nouvelles idées.

Pourra-t-on espérer voir "Le monde dont on rêve n’existe pas" dans les salles de cinéma marocaines?

Cela reste entre les mains des distributeurs et si oui ou non, quelqu’un va m’approcher pour une collaboration. Pour l’instant, je me concentre plus sur la participation aux festivals internationaux et pourquoi pas le festival de Marrakech.

Vous préparez déjà un nouveau film, "Sea of Light"...

J’ai tellement aimé mon expérience en Mongolie que je voulais la répéter et cette fois en Islande pour mon prochain film "Sea of Light". Mon approche sera tout de même un peu différente. Techniquement aussi, notre équipement ne sera pas le même donc le rendu sera différent. Comme pour la Mongolie, il n’y aura pas d’acteurs. Les personnages du film formeront l’histoire. On retrouvera donc un pêcheur islandais, un prêtre dans une église, et un scientifique, seul chercheur de physique quantique en Islande qui étudie en ce moment les trous noirs. Je suis déjà impatient d’entendre ce qu’il a à nous raconter.

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