Au Qatar, des habitants paniqués se ruent sur les supermarchés

Publication: Mis à jour:
SUPERMARCHS QATAR
Twitter/Joyce Karam
Imprimer

A Doha, des habitants ont pris d'assaut lundi les supermarchés, affolés par le blocus de facto imposé par l'Arabie saoudite sur les produits alimentaires après la rupture par Ryad de ses relations diplomatiques avec le Qatar.

Au supermarché Carrefour de Doha, des queues de plus d'une vingtaine de personnes se formaient devant les caisses, quelques heures après la rupture des principales monarchies du Golfe et de l'Egypte avec Doha.

Le lait, le riz ou le poulet ont rapidement disparu des rayons.

Azir, un travailleur sri lankais, pousse un chariot plein de couches pour son fils de 18 mois. Il a été informé de la situation par ses proches au Sri Lanka. "Je dormais quand ma famille m'a appelé, je suis venu à cause de la crise", dit-il.

Le Qatar, qui partage son unique frontière terrestre avec l'Arabie saoudite, dépend fortement des importations pour ses produits alimentaires, en provenance principalement des pays du Golfe.

Ce petit émirat compte moins de deux millions d'habitants, en grande majorité des étrangers.

Ernest, un Libanais, affirme s'être dépêché de faire des courses sachant que d'autres prendraient d'assaut les supermarchés rapidement. "C'est un cycle de panique", dit-il.

"J'avais besoin de me ravitailler en pâtes", affirme le jeune homme, accompagné de sa famille poussant deux chariots pleins à craquer.

D'autres supermarchés de la capitale étaient également pris d'assaut, comme dans plusieurs Monoprix où le personnel a assuré avoir vécu l'une de leurs journées les plus chargées au travail.

Au supermarché Al-Meera, Denis, un Allemand, faisait lui aussi des réserves de produits alimentaires, même s'il est convaincu que la crise n'est qu'une "tempête temporaire".

"Carton jaune"

"Ceci n'est qu'un carton jaune", dit-il, en référence à la Coupe du monde de football qui doit se tenir au Qatar en 2022. "Que peuvent-ils bien faire? (Le Qatar) est l'un des plus riches pays au monde".

Avec un revenu annuel par habitant de 138.480 dollars en 2015 (selon la Banque mondiale), l'un des plus élevés au monde, le Qatar s'est hissé sur la scène internationale grâce à des investissements tous azimuts.

Pour tenter de rassurer les habitants et éviter que la panique ne se répande, le gouvernement du Qatar a publié lundi un communiqué assurant que les voies maritimes et aériennes resteront ouvertes aux importations.

"Le gouvernement prendra toutes les mesures nécessaires pour (...) mettre en échec les tentatives de nuire à sa population et son économie", selon le texte.

Les exportations du Qatar, notamment la machinerie, les équipements électroniques ou le bétail passant par la frontière terrestre avec l'Arabie saoudite, pourraient également être lourdement affectés par la rupture des relations.

Selon l'ONU, les exportations du Qatar vers l'Arabie saoudite représentaient 896 millions de dollars (796 millions d'euros) en 2015.

Les services, notamment le secteur touristique, pourraient eux aussi être touchés de plein fouet.

Les Saoudiens fêtent souvent au Qatar leurs vacances de l'Aïd el-Fitr, après le mois de jeûne du ramadan, qui a commencé il y a dix jours.

Mais avec l'interdiction faite aux citoyens saoudiens de se rendre au Qatar, de nombreux chauffeurs de taxi asiatiques qui dépendent des touristes se verraient pénalisés.

"C'est une mauvaise nouvelle, une très mauvaise nouvelle", déplore Raihan, un chauffeur indien.

Retrouvez les articles de HuffPost Algérie sur notre page Facebook.

Pour suivre les dernières actualités en direct, cliquez ici.