L'Algérie suit avec préoccupation la dégradation des relations entre certains pays du Golfe

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SAUDI ARABIA MAP
Map with Saudi Arabia in focus. | omersukrugoksu via Getty Images
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L’Algérie suit avec une "grande préoccupation" la dégradation des relations entre certains pays du Golfe et de la région et leurs répercussions sur l’unité et la solidarité du monde arabe, a indiqué ce mardi 06 juin 2017 un communiqué du ministère des Affaires étrangères (MAE).

"Tout en appelant l’ensemble des pays concernés à adopter le dialogue comme seul moyen de régler leurs différends et de transcender les divergences qui peuvent naturellement surgir dans les relations entre Etats, l’Algérie appelle à la nécessité d’observer, en toutes circonstances, les principes de bon voisinage, de non ingérence dans les affaires internes des Etats et du respect de leur souveraineté nationale", a-t-on ajouté.

"L’Algérie reste confiante que les difficultés actuelles ne peuvent être que conjoncturelles, que la sagesse et la retenue finiront par prévaloir tant les véritables défis qui se dressent devant la marche des pays et des peuples arabes vers une solidarité agissante et une unité effective sont nombreux dont le terrorisme n’est pas des moindres", a conclu le communiqué.

Lundi, l'Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis, le Yémen, l'Egypte et les Maldives ont rompu toute relation diplomatique avec le Qatar, accusant ses autorités de soutenir le terrorisme dans la région du Moyen-Orient, dont les groupes terroristes "Etat Islamique" et Al Qaida.

Plus tard dans la journée, des mesures économiques comme la fermeture des frontières terrestres et maritimes entre ces pays et le Qatar, ainsi que des interdictions de survol aux compagnies aériennes qataries ou des restrictions aux déplacements des personnes se sont ajoutées à ces décisions.

Plusieurs grandes compagnies du Golfe ont suspendu "jusqu'à nouvel ordre" leurs vols vers ou depuis Doha, entraînant des perturbations aériennes.

Dans la nuit de lundi à mardi, le Qatar a donné l'impression de chercher une issue à la crise, appelant à un "dialogue ouvert et honnête".

S'exprimant sur Al-Jazeera, le chef de la diplomatie de l'émirat, cheikh Mohamed ben Abderrahmane Al-Thani, a assuré qu'il n'y aurait pas "d'escalade" de la part du Qatar.

Le ministre d'Etat émirati aux Affaires étrangères Anwar Gargash a dit mardi qu'il fallait d'abord "rétablir la confiance", en réclamant "une feuille de route avec des garanties" pour pouvoir reprendre langue avec Doha.

Tout comme l'Algérie, plusieurs pays essaient de jouer les médiateurs dans cette crise -la plus grave depuis la naissance en 1981 du Conseil de coopération du Golfe (CCG)-, comme le Koweït qui n'a pas rompu ses relations avec le Qatar.

L'émir du Koweït, Cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah, a reçu lundi un conseiller du roi saoudien Salmane et a ensuite appelé l'émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, pour l'inviter à la "retenue".

La Turquie, qui entretient des rapports étroits avec les monarchies du Golfe, a aussi prôné le dialogue. Lundi soir, le roi Salmane a reçu un appel téléphonique du président turc Recep Tayyip Erdogan et, mardi, le porte-parole de ce dernier a indiqué que M. Erdogan avait entrepris "des efforts diplomatiques" qui pourraient durer des "semaines".

Alliés à la fois de Ryad et de Doha, les Etats-Unis avaient invité dès lundi les pays du Golfe à rester "unis", par la voix du secrétaire d'Etat Rex Tillerson.

Le ministre qatari des Affaires étrangères a souligné le caractère "stratégique" des relations avec les Etats-Unis.

Le Qatar héberge la plus grande base aérienne américaine dans la région, forte de 10.000 hommes et siège du commandement militaire américain chargé du Moyen-Orient. Cette base est cruciale pour la lutte menée contre le groupe Etat islamique (EI) en Syrie et Irak par la coalition internationale menée par Washington et dont fait partie Doha.

"Dialogue impératif"

Le Qatar a par ailleurs été exclu de la coalition militaire arabe, dirigée par Ryad, qui combat des rebelles pro-iraniens au Yémen. Il lui est reproché de soutenir des groupes islamistes radicaux et de ne pas prendre assez de distance avec l'Iran, grand rival de l'Arabie saoudite.

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a aussi appelé au dialogue. "Les voisins sont permanents, la géographie est immuable. La coercition n'est jamais la solution. Le dialogue est impératif, particulièrement durant le ramadan", a-t-il dit.

Riche pays gazier à la politique étrangère controversée, le Qatar avait au départ réagi avec colère aux décisions annoncées par Ryad et ses alliés, les accusant de vouloir le mettre "sous tutelle" et de l'étouffer économiquement.

Le Qatar a toujours poursuivi sa propre politique régionale, affirmant son influence par le sport -il accueillera le Mondial 2022 de football- et par les médias avec Al-Jazeera dont les bureaux à Ryad ont été fermés lundi.

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