Tunisie: Un collectif d'ONG réclame clarté et moyens pour la lutte anticorruption

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Thomas Peter / Reuters
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Un collectif d'ONG a appelé lundi le gouvernement tunisien, qui a récemment lancé une "guerre contre la corruption", à ne pas se limiter à quelques noms et à fournir les moyens nécessaires à cette lutte.

Le chef du gouvernement Youssef Chahed "a pris des mesures concrètes (...) pour faire face à ce phénomène qui gangrène l'Etat mais cette campagne s'est vite arrêtée, provoquant des critiques et des interrogations sur son sérieux et sa pérennité", a affirmé dans un communiqué l'Alliance civile contre la corruption.

Le texte est signé par une vingtaine d'organisations, dont la Ligue tunisienne pour la défense des droits de l'Homme (LTDH), le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) et Al Bawsala, qui suit entre autres les activités du Parlement.

Depuis la révolution de 2011, tous les gouvernements ont promis de s'attaquer à la corruption, devenue endémique, sans que cela ne soit suivi d'effets concrets. La surprise a donc été grande lorsque M. Chahed a subitement fait procéder, à compter du 23 mai, à une dizaine d'interpellations.

La démarche a suscité l'espoir d'une vaste opération "Mains propres", mais le flou entourant ce coup de filet et la comparution des personnes arrêtées devant la justice militaire a fait naître des doutes.

"La lutte anticorruption est une guerre continue, de longue haleine et procède d'une politique soutenue", a assuré dimanche le Premier ministre dans deux quotidiens tunisiens.

L'initiative de M. Chahed est "un pas positif" mais reste "insuffisante car elle ne concerne qu'un nombre limité de personnes soupçonnées (...) et parce que les mesures prises sont opaques", a toutefois jugé lundi le collectif.

L'Alliance a donc insisté sur "la nécessité d'informer l'opinion publique des développements (...) et de clarifier les motifs des arrestations".

Surtout, il faut "diriger la bataille (...) contre le système de corruption dans son ensemble et sous toutes ses formes". Pour cela, il est nécessaire de "fournir un soutien financier, logistique et humain" aux instances concernées, comme le Pôle judiciaire financier et l'Instance nationale de lutte contre la corruption (Inlucc), a-t-elle poursuivi.

Selon elle, les autorités doivent aussi retirer le projet de loi dit de "réconciliation économique et financière".

Ce texte, défendu par le président Béji Caïd Essebsi, prévoit l'amnistie de faits de corruption en échange d'un dédommagement. Il est très décrié par la société civile.

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