Une commission d'enquête formée par une coalition de 22 associations entame demain une mission de trois jours à Al Hoceima

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HOCEIMA
Youssef Boudlal / Reuters
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DROITS DE L'HOMME - C’est demain qu’une commission d’enquête constituée par la Coalition marocaine des droits de l’Homme entame sa mission à Al Hoceima.

Une mission de trois jours qui devra décortiquer les incidents qu’a connus la région, en chercher les raisons et en déterminer les responsabilités, auprès de toutes les parties concernées. "Le secret qu’impose notre mission d'enquête ne nous permet pas d’en dévoiler le contenu. Dès que le rapport sera prêt, il sera présenté dans le cadre d’une conférence de presse que nous tiendrons certainement à Rabat", annonce au HuffPost Maroc, le coordinateur de cette Coalition, Abdel-ilah Benabdesselam.

Appel aux autorités publiques

Les 22 associations membres de la Coalition, dont Amnesty international, Transparency Maroc, l'Observatoire marocain des prisons, ou encore l'Association Rif pour les droits de l'Homme, ont décidé de constituer cette commission d’enquête, suite à une réunion tenue le 31 mai au siège de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) qui en est également membre. Pour accomplir cette mission, la Coalition a désigné une dizaine des représentants des 22 associations afin de mener à bien cette enquête auprès de l’ensemble des parties liées de près et de loin aux incidents.

Concrètement, ces représentants devront aller à la rencontre de citoyens et d’ONG, mais également de manifestants, membres du "Hirak" et des autorités locales. "La Coalition demande des autorités publiques, et du ministère de l’Intérieur en particulier, prenant en considération l’importance de cette initiative, d’assurer les conditions nécessaires au déroulement de cette mission et d’empêcher son obstruction", appelle la Coalition dans un communiqué.

Dans ce dernier, la Coalition explique que la constitution de cette commission d’enquête répond à une urgence. "La situation dans la province d’Al Hoceima impose de toute urgence une volonté politique" pour remplacer la répression par "le traitement des différents problèmes de la région". La Coalition revendique, ainsi, de l’État et des autorités publiques "de créer une ambiance de confiance dans la ville et la province en respectant les habitants, en écoutant leurs doléances (…) et en ouvrant un dialogue avec les jeunes et la société civile".

Les 22 associations légitiment leur décision de mener cette enquête par leur volonté de jouer leur rôle auprès de la société et de remplir leur engagement en tant que défenseurs des droits de l’Homme. "Nous souhaitons circonscrire cet état d’asphyxie dont il est difficile de connaÎtre la fin et l’impact", espère la Coalition.

Levée du siège sécuritaire

Témoignant de sa crainte de voir la situation s’envenimer encore plus qu’elle ne l’est aujourd’hui, la Coalition insiste sur la nécessité de "lever le siège sur les habitants et la ville". Elle estime que "l’approche sécuritaire n’a généré, dans l’Histoire, que des drames et des violations graves des droits de l’Homme". La Coalition relève à ce titre que "la défense de plusieurs détenus d’Al Hoceima a déclaré des cas de torture et de mauvais traitements" et appelle la justice à ouvrir une enquête.

Sur cette question, le porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi, a affirmé, à l'issue du Conseil de gouvernement, jeudi dernier, que des expertises médicales seront effectuées sur l’ensemble des cas sans exception. Il a aussi tenu à montrer que tout acte de ce genre ne sera pas passé sous silence: "la loi sera appliquée si un cas de torture est avéré".

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