Ankara menace de déchoir de leur nationalité 130 présumés putschistes en fuite

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Turkish President Tayyip Erdogan addresses members of parliament from his ruling AK Party (AKP) during a meeting at the Turkish parliament in Ankara, Turkey, May 30, 2017. REUTERS/Umit Bektas | Umit Bektas / Reuters
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TURQUIE - Les autorités turques ont annoncé, lundi, leur décision de déchoir de leur nationalité, dans les trois mois, des présumés putschistes en fuite. L'un des plus célèbres d'entre eux est le prédicateur Fethullah Gülen, accusé d’avoir fomenté le coup d’État de juillet dernier et qui vit, depuis plusieurs années, en exil en Pennsylvanie, aux États-Unis.

Une liste de 130 personnes demandées par la justice turque, dans le cadre des enquêtes sur cette insurrection, se trouvant à l’étranger, a été publiée, lundi, dans le journal officiel par le ministère turc de l’Intérieur.

Entrée en vigueur dans trois mois

Ces personnes sont recherchées pour des actes de terrorisme, de crimes organisés et d’atteinte à l’ordre constitutionnel et "seront déchues de leur nationalité turque dans trois mois, si elles ne se présentent pas à la justice", indique le ministère turc de l'Intérieur.

Parmi les personnes citées sur cette liste, se trouvent aussi Osman Hilmi Ozdil, considéré comme l'un des "responsables" de FETO (acronyme de l’organisation de Fethullah Gülen), dont l’extradition avait été demandée auprès des autorités thaïlandaises.

Des députés du Parti démocratique des peuples (HDP, pro Kurdes) de Sirnak (Sud-est), Faysal Sariyildiz, et de Van (Est), Tugba Hezer Ozturk, et l’ancien parlementaire du Parti de la paix et de la démocratie (BDP) de Van, Ozdal Ucer, figurent également sur cette liste.

Le député Sariyildiz est accusé "de fournir des armes à l'organisation terroriste" et la députée Ozturk "d’apologie" et "d’adhésion à une organisation terroriste armée".

Depuis la tentative de coup d'État du 15 juillet, les autorités turques se sont lancées dans une purge inédite dans l'administration, les médias, ou encore la sphère politique. Selon l'AFP, "quelques 50.000 personnes ont été arrêtées et plus de 100.000 limogées ou suspendues".

Fethullah Gülen, persona non grata

En mai dernier, la commission d’enquête parlementaire sur ce putsch a indiqué que "toutes les preuves et tous les documents démontrent que cette tentative a été décidée et mise en œuvre par l’organisation de Fethullah Gülen dont les membres ont été recrutés et formés par des milieux en dehors de notre pays".

Selon cette commission, Gülen "a été recruté et formé, quand il avait une vingtaine d’années, par des services étrangers. Il a été l’un des fondateurs de l’association de lutte contre le communisme à Erzurum (Est du pays) et avait des contacts réguliers avec Graham Fuller au sein de la CIA".

Un tribunal a déposé une requête au ministère turc de la justice en vue de déchoir Gülen de sa citoyenneté turque.

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