Londres ensanglantée par un nouvel attentat, les élections maintenues

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LONDON
Flowers and candles as tribute to the victims of the June 3 terror attack in London are pictured on June 4, 2017 at the British embassy in Berlin. / AFP PHOTO / John MACDOUGALL (Photo credit should read JOHN MACDOUGALL/AFP/Getty Images) | JOHN MACDOUGALL via Getty Images
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Douze personnes ont été arrêtées dimanche à Londres où la police était sur les dents, au lendemain de l'attentat attribué par les autorités à "l'extrémisme islamiste" qui a fait sept morts dans le centre de la capitale à cinq jours des élections législatives.

Voiture folle lancée contre la foule et assaillants qui poignardent au hasard les passants, ce nouvel attentat, le troisième en moins de trois mois au Royaume-Uni, a fait aussi des dizaines de blessés samedi soir, dont 21 se trouvaient dans un état "critique".

Des perquisitions ont été effectuées à Barking, une banlieue multi-ethnique de l'est de la capitale britannique, où la police a arrêté 12 personnes. Un photographe de l'AFP a pu voir sur place les forces de l'ordre emmenant dans un fourgon quatre femmes qui se couvraient le visage à l'aide de leur foulard.

D'après Sky News, la police, lourdement armée, a perquisitionné le domicile d'un des trois auteurs de l'attaque. Cet assaillant était avec deux complices dans la camionnette qui a foncé sur la foule sur le London Bridge samedi soir. Les trois hommes ont été peu après abattus par la police tandis qu'ils lacéraient de coups de couteau les passants et les fêtards du quartier.

La police a renforcé sa présence dans tous les lieux publics dimanche.

L'attentat n'a pas été revendiqué mais la Première ministre, Theresa May, l'a lié à "l'idéologie malfaisante de l'extrémisme islamiste" dans une courte déclaration devant le 10, Downing Street, peu après une réunion de crise.

Elle a annoncé le maintien des élections législatives prévues pour jeudi, qui doivent renouveler la chambre des Communes de Westminster au moment où le Royaume-Uni s'apprête à négocier le Brexit, et la reprise de la campagne lundi, après une journée de suspension.

'C'est pour Allah'

Le drame a éclaté vers 22H00 heure locale quand venait de s'achever la finale de la Ligue des champions de football, qu'un public nombreux était venu regarder dans les pubs de Borough Market, quartier branché de la rive sud de la Tamise.

Les assaillants ont tout d'abord foncé dans la foule sur le London Bridge à bord d'une camionnette blanche.

"Ils ont renversé des tas de gens", a témoigné Chris, un chauffeur de taxi, à la radio LBC. "Ensuite, trois hommes en sont sortis armés de lames assez longues" et "ont poignardé des gens au hasard" dans le quartier voisin de Borough Market.

Ils portaient de faux gilets explosifs pour accentuer la panique.

Malgré l'intervention rapide de la police, qui a abattu les trois hommes huit minutes après avoir été alertée, le bilan est lourd : sept morts et une cinquantaine de blessés. Quelque 36 personnes restaient hospitalisées dimanche après-midi, dont 21 dans un état "critique", d'après le service de santé NHS.

Les tirs nourris de la police, plus de cinquante, ont aussi blessé un passant, a précisé Scotland Yard.

Parmi les personnes tuées figure un Canadien, tandis que quatre Français ont été blessés, dont un grièvement, ainsi que deux Allemands, un Australien et un Espagnol.

Stations de métro et rue fermées, fêtards enfermés dans les bars et les restaurants, voitures de police passant toutes sirènes hurlantes : les quartiers visés sont passés de la fête au cauchemar en quelques minutes.

Gerard Vowls, un quadragénaire venu à Borough Market pour regarder le match, témoigne avoir vu une femme poignardée à une douzaine de reprises par les trois hommes.

"Elle criait : 'Aidez-moi !' 'Aidez-moi !', mais je ne pouvais rien faire", a-t-il raconté au quotidien The Guardian, expliquant avoir tenté de jeter des chaises et des bouteilles sur les agresseurs.

Plusieurs témoins ont déclaré avoir entendu les assaillants hurler : "C'est pour Allah".

- Critiques de Trump -

Les condamnations se sont multipliées dimanche, le maire de Londres Sadiq Khan évoquant des "actes barbares".

Le président Donald Trump a offert "le soutien total" des Etats-Unis dans un entretien téléphonique avec Theresa May. Dans un tweet, il a néanmoins aussi accusé Sadiq Khan, de confession musulmane, de ne pas prendre au sérieux la menace terroriste.

Le président français Emmanuel Macron et la chancelière Angela Merkel ont fait part de leur solidarité tandis que le président russe Vladimir Poutine a appelé à "une intensification des efforts communs dans la lutte contre les forces de la terreur".

Londres avait été frappée par un autre attentat fin mars à Westminster, déjà commis à l'aide d'une voiture et d'un couteau. Puis, le 22 mai à Manchester (nord de l'Angleterre), 22 personnes sont mortes dans un attentat suicide à la sortie d'un concert de l'Américaine Ariana Grande.

Ces deux attentats ont été revendiqués par l'organisation jihadiste Etat islamique, contre laquelle le Royaume-Uni a effectué ces dernières années des raids aériens en Irak et en Syrie.

Retournée à Manchester, la chanteuse Ariane Grande devait s'y produire dimanche soir pour un concert géant en hommage aux victimes qui réunira notamment Justin Bieber, Coldplay et Robbie Williams.

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