Caméra cachée d'Ennahar: L'ARAV doit "pouvoir assumer ses responsabilités" selon le ministre de la Communication

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L'Autorité de régulation de l'audiovisuel (ARAV) doit "pouvoir assumer ses responsabilités", a affirmé dimanche 4 juin le ministre de la Communication Djamel Kaouane suite à une rencontre avec Zouaoui Benhamadi, le président de cette instance au lendemain d'un rassemblement de protestation contre une caméra cachée de la chaîne Ennahar.

"La rencontre a permis au ministre de s’enquérir du travail et des actions menées par l’Autorité de Régulation de l’Audiovisuel, et d’assurer son président de la disponibilité entière du ministère de la Communication et, à travers ce dernier, du Gouvernement à lui apporter aide et soutien afin de lui permettre d’assumer pleinement ses responsabilités et ses missions tel que le stipulent les textes de loi en vigueur", a expliqué le ministère dans un communiqué.

L'audience accordée par M. Kaouane à M. Benhamadi est intervenue après le sit-in observé samedi Alger devant le siège de l'ARAV, par des dizaines d'intellectuels, artistes, journalistes et académiciens en signe de protestation contre "les dépassements" enregistrés dans certains programmes de la grille spécial ramadhan de la chaîne de télévision privée "Ennahar" et contre "l'atteinte" à la personne de l'écrivain algérien Rachid Boudjedra.

Reçu par le président de l'ARAV, Zouaoui Benhamadi, l'écrivain Rachid Boudjedra, accompagné de plusieurs sympathisants, avait dénoncé le traitement qui lui a été réservé par cette chaîne TV, lors de son programme de caméra cachée, qu'il a qualifié de "terrorisme", affirmant qu'il était "en état de choc", en raison de l'atteinte à sa personne.

Pour leur part, les contestataires ont appelé dans leur communiqué, les autorités compétentes, à leur tête les ministère de la Justice, de l'Intérieur et la Communication et l'ARAV à "mettre un terme à la médiocrité, à réprimer les dépassements et les dérapages et à sanctionner les contrevenants à la loi et aux principes de la déontologie".

Pour rappel, à la veille du mois de Ramadhan, l'ARAV avait exhorté les chaînes de télévision algériennes à observer les "principes d’intérêt général" afin d’éviter les "dérives" constatées les années précédentes, tout en élaborant des programmes spéciaux pour le Ramadhan ''qui soient un espace d’éveil à la fois spirituel et rationnel, conciliant authenticité et modernité".

L’Autorité de régulation avait exhorté l’ensemble de ses partenaires du champ audiovisuel à "souscrire volontairement à une forme d’autorégulation éthique et esthétique.

"Des émissions, comme par exemple celles de caméra cachée, doivent faire l’objet d’un examen attentif", avait averti l'ARAV, faisant observer qu'"il arrive souvent que ce genre d’émissions livre, sous couvert de divertissement, des séquences dont la brutalité et la vulgarité sont une insulte à la dignité humaine".

A ce propos, l’ARAV avait précisé avoir déjà reçu de la part de citoyens des "plaintes contre certaines chaînes qui les ont filmés à leur insu dans une situation plus dévalorisante qu’humoristique", appelant par cette occasion "ces chaînes, qui se reconnaîtront, à respecter le droit à l’image de chaque individu".

La loi 14-04 du 24 février 2014 relative à l`activité audiovisuelle stipule que l'ARAV doit veiller à l`impartialité des personnes morales exploitant les services de ommunication audiovisuelle.

L`Autorité formule des avis sur la stratégie nationale de développement de l`activité audiovisuelle, sur tout projet de texte législatif ou réglementaire concernant l`activité audiovisuelle et formule des recommandations pour le développement de la concurrence dans le domaine des activités audiovisuelles.


En matière de règlement des différends, elle arbitre les litiges opposant les personnes morales exploitant un service de communication audiovisuelle, soit entre elles, soit avec les usagers, et instruit les plaintes émanant des partis politiques, des organisations syndicales et/ou des associations et toute autre personne physique ou morale, faisant état de violation de la loi par une personne morale exploitant un service de communication audiovisuelle.

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