Ce que le retrait de l'accord de Paris, décidé par Donald Trump, représente pour la planète

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CLIMAT - Le couperet est tombé. Alors que la communauté internationale, de nombreuses grandes entreprises et ONG ont appelé Donald Trump à respecter les engagements votés à la COP21, le président américain a annoncé que les Etats-Unis se retiraient de l'Accord de Paris.

La décision, prise il y a quelques jours en petit comité, est un énorme coup dur pour la lutte contre le réchauffement climatique. Si juridiquement, il faudra attendre novembre 2020 pour que les Etats-Unis puissent officiellement abandonner le traité, Donald Trump a précisé que le pays allait immédiatement "cesser la mise en oeuvre de l'Accord de Paris".

Lors de la COP21, la quasi-totalité des pays du monde s'était engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici 2025, dans des proportions variées. Le but: limiter la hausse de la température mondiale "bien-en deçà de 2°C" et "poursuivre les efforts pour limiter la hausse à 1,5°C", par rapport au niveau d'avant la Révolution industrielle.

Les Etats-Unis avaient ainsi déclaré vouloir baisser leurs émissions de CO2 de 26% à 28% par rapport à 2005. C'est notamment sur cet engagement que Donald Trump vient de tirer un trait.

Un président déjà pas (du tout) écolo

Alors certes, le président américain a dit son intention de négocier une "nouvel accord" dans "des termes justes pour les Etats-Unis". Sauf qu'au vu des premières décisions prises sur l'environnement, parier sur une amélioration volontaire de la situation est plutôt optimiste.

Justement, rappelle Vox, le cabinet d'analyse RHG a estimé quel pourrait être le niveau d'émission de gaz à effet de serre du pays dans les années à venir, en prenant en compte la situation actuelle. Cela pourrait donc être pire, en fonction des lois que votera le gouvernement Trump.

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Dans le graphique ci-dessus, la courbe bleue représente les émissions de CO2. La première ligne rouge correspond au précédent engagement américain, voté en 2010. La seconde, à l'engagement de Barack Obama lors de la COP21.

Si la ligne bleue s'élargit avec le temps qui passe, c'est pour prendre en compte les variations économiques et sociales, tel le prix du pétrole. Mais même en étant le plus optimiste possible, le cabinet RHG ne pense pas que les Etats-Unis pourront tenir l'engagement promis par Barack Obama.

Un espoir mince très affaibli

Et c'est une mauvaise nouvelle pour la planète. Car c'est le deuxième plus important pollueur de la planète. Le premier, si l'on prend en compte les années passées, comme le rappelle le New York Times.

De même, la contribution du pays à la baisse mondiale des émissions de CO2 d'ici 2025 était dans le trio de tête, avec l'Union Européenne et la Chine:

Alors bien sûr, rien n'est figé dans le marbre. Ainsi, les réactions internationales tendent plutôt à isoler les États-Unis et à réaffirmer l'engagement des Etats du monde entier dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Selon un document consulté par Politico, la Chine et l'Union Européenne s'apprêtent justement à affirmer vouloir aller plus loin dans la limitation de leurs émissions de CO2. Si chaque pays fait des efforts supplémentaires, le manque à gagner américain pourrait ainsi être comblé.

Malheureusement, avant même le retrait des Etats-Unis, la bataille climatique était loin d'être gagnée. Et l'infographie interactive du New York Times (à consulter ici) le résume parfaitement. La courbe rouge correspond aux émissions de CO2 émises si le monde entier continue ce qu'il a fait ces dernières années. La bleue symbolise la trajectoire prise par les engagements de tous les Etats pour 2025.

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La verte, elle, représente le véritable objectif minimal établi dans l'Accord de Paris. Celui à atteindre si l'humanité veut réussir à limiter le réchauffement climatique à 2°C. Un seuil au delà duquel les effets, irréversibles, seraient colossaux. Normalement, le traité prévoit que tous les Etats revoient à la hausse leurs engagements, à intervalle régulier. Et il faudra beaucoup d'effort pour que le rouge se fonde dans le vert.

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