RSF dénonce "les exactions contre des journalistes" dans le Rif

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AL HOCEIMA
RSF appelle les autorités marocaines à libérer les journalistes | Youssef Boudlal / Reuters
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MÉDIAS - Ce 2 juin, Reporters Sans Frontières a publié une tribune sur son site. L'organisation y dénonce les "exactions" menées contre des journalistes venus couvrir les événements du Rif et appelle les autorités marocaines à libérer les journalistes qui ont été arrêtés.

"Reporters sans frontières (RSF) dénonce les exactions contre des journalistes venus couvrir les manifestations, qui secouent le Rif depuis la mort du vendeur de poissons Mohcine Fikri dans une benne à ordure en octobre 2016", souligne l'organisation.

“Il est essentiel de laisser les journalistes et journalistes-citoyens couvrir les événements du Rif", pour ne pas que la région devienne "une zone de non-droit pour l’information indépendante", a déclaré Virginie Dangles, rédactrice en chef de RSF. "Nous appelons les autorités marocaines à libérer les journalistes-citoyens marocains actuellement détenus pour avoir exercé leur droit d’informer et demandons de faire cesser les menaces et les poursuites à leur encontre".

Arrestations et disparitions

RSF souligne qu'il a déjà recensé "deux arrestations, trois disparitions et l’expulsion d’un journaliste algérien". Parmi elles, RSF cite des journalistes et des journalistes-citoyens: Mohamed Al Asrihi et Jawad Al Sabry, du média local Rif24 et Abd Al Ali Haddou, animateur de la webTV AraghiTV, qui auraient disparu depuis le 26 mai "de peur de se voir interpellés et condamnés".

Houssein Al Idrissi, photographe pour Rif Press et Fouad Assaidi AgrawTV se sont fait arrêter le 27 mai et ont été transférés à Casablanca. "Les chefs d’accusation retenus contre eux sont inconnus à ce jour. Il est à craindre que leur arrestation survenue au même moment que celles de militants du mouvement Hirak ne mène à des poursuites pénales qui n’ont rien à voir avec leurs activités journalistiques", ajoute RSF.

L'organisation rappelle que la presse étrangère est aussi concernée, citant le cas du journaliste algérien Djamel Alilat, du quotidien El Watan, qui avait été arrêté puis expulsé du Maroc pour absence d'autorisation de couverture.

L'organisation a rappelé que, dans le classement mondial de la liberté de la presse en 2017, le Maroc est arrivé 133ème sur 180 pays.

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