Al Hoceima: Le gouvernement prêt au dialogue

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EL KHALFI
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CONSEIL DE GOUVERNEMENT- Plus question de hausser le ton. Le ministre délégué chargé des relations avec le parlement et la société civile et porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi, a tenu à l’exprimer et à le montrer, hier, à l’issue du conseil de gouvernement.

Sourire aux lèvres, l’air détendu, ambiance amicale avec les journalistes venus nombreux à la conférence de presse hebdomadaire, organisée dans les locaux de l’agence MAP, pour l’interpeller, en majorité, sur la situation à Al Hoceima, M. El Khalfi a fait bonne impression.

"Nous n’avons pas fermé la porte du dialogue", a-t-il assuré avant de souligner que le chef du gouvernement "s’est directement adressé", au cours de ce conseil de gouvernement, à ses ministres pour les appeler à travailler sur le terrain, à suivre l’évolution des chantiers sur les lieux. Un travail de proximité qui s’inscrit dans une volonté affichée du gouvernement de mettre en place "une interaction positive".

Ecoute, dialogue et communication, trois mots d’ordre que le porte-parole du gouvernement a tenu à réitérer tout au long de cette conférence, saluant au passage l’initiative du wali de la région d'aller à la rencontre des jeunes d’Al Hoceima, et le travail de la commission régionale du CNDH.

150 sit-in à Al Hoceima en 7 mois

Sur les tensions d’Al Hoceima, M. El Khalfi a souligné que le gouvernement reconnait le droit à la protestation et que les revendications des protestataires sont légitimes. Il estime également que les interventions des forces de l’ordre obéissent à la loi et qu’à Al Hoceïma "les cas de heurts restent très limitées durant les 7 derniers mois". Et de préciser qu’au cours de cette même période "plus de 700 sit-in ont été observés dans toute la province, dont 150 environ dans la ville d’Al Hoceima. La moyenne y est ainsi de 4 sit-in par jour. Tandis qu’au plan national, il y a eu 30 manifestations par jour, d’après des statistiques de 2016".

31 détenus transférés à Casablanca

Faisant référence à un rapport présenté par le ministre de la Justice, le porte-parole a assuré que toutes les doléances des familles des détenus concernant la visite des détenus et que toutes les requêtes de la défense seront prises en considération. "Toutes les demandes de visites aux détenus ont été accordées (…) Mercredi, à minuit, la brigade nationale de la police judiciaire à Casablanca traitait encore les demandes de visite pour y répondre", a indiqué M. El Khalfi, soulignant que le nombre des détenus transférés à cette brigade a atteint 31, alors que le nombre des demandes de visites déposées est de 9.

Le porte-parole du gouvernement a rappelé que le tribunal de première instance d’Al Hoceïma a décidé de poursuivre 7 personnes en état de liberté et de classer sans suite les dossiers de 7 autres. "La dimension humaine a été prise en compte: un mineur a été poursuivi en état de liberté provisoire afin qu’il puisse passer son baccalauréat et un autre s’est vu accorder la liberté provisoire en raison de sa maladie grave", a expliqué M. El Khalfi.

Tout cas présumé de torture soumis à une expertise

Quant aux cas de torture dénoncés par la défense, pour certains détenus, le porte-parole du gouvernement a affirmé que des expertises médicales seront effectuées sur l’ensemble des cas sans exception. Et de mettre en garde: "la loi sera appliquée si un cas de torture est avéré". Pour le porte-parole du gouvernement, "toutes les procédures de poursuites judiciaires et de présomption d’innocence sont respectées autant que les garanties pour un procès équitable". Tout dérapage constaté, notamment des forces de l’ordre, doit être dénoncé auprès des organes concernés, a rappelé M. El Khalfi.

Le ministre n’a pas souhaité, par contre, s’attarder sur la question des "transferts présumés d’argent que les personnes interpellées auraient reçus de l’étranger". Il a estimé que la justice mène son travail et qu’elle est seule habilitée à se prononcer sur le sujet.

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