Bisbille entre les candidats PS et LR à la 9e circonscription des Français de l'étranger

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ERWAN DAVOUX DIDIER LE BRET
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POLITIQUE - Les petites polémiques entre candidats de la 9e circonscription des Français de l'étranger pour les élections législatives françaises n'en finissent plus.

Après les deux candidats qui se sont présentés sous les couleurs d'En Marche! mais qui n'ont pas été officiellement investis par le mouvement d'Emmanuel Macron, c'est au tour des candidats du Parti socialiste (PS) et du parti Les Républicains (LR) de se tirer dans les pattes.

Le candidat LR, Erwan Davoux, accuse le candidat PS, Didier Le Bret, ancien coordonnateur national du renseignement à l'Elysée, d'avoir mené sa campagne électorale alors qu'il travaillait encore pour le Quai d'Orsay - le ministère des Affaires étrangères français.

Il aurait ainsi bénéficié des avantages que lui procurait cette situation, comme le logement dans les ambassades de France des pays d'Afrique qu'il a parcourus pour faire campagne, ou des facilités de délivrance de visas.

"Il a mené sa campagne dès septembre alors qu'il était payé par le Quai d'Orsay pour une mission de renfort à plein temps jusqu'en mars", explique au HuffPost Maroc le candidat de droite, qui a envoyé début mars une lette ouverte à l'ancien ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, pour lui demander des explications. Lettre restée sans réponse.

"Le fait qu'il n'ait pas démissionné de la fonction publique alors qu'il menait campagne n'est pas interdit, mais cela aurait été plus juste", estime M. Davoux, qui considère que son adversaire a été "parachuté" par l'Elysée à la 9e circonscription, appuyé par l'ancien président François Hollande. "Il y a un problème d'égalité entre les candidats".

Des accusations démenties par le principal intéressé qui vient de porter plainte contre le candidat républicain pour diffamation. "J'ai porté plainte pour diffamation car il a dit que je faisais campagne avec l'argent de l'Etat et que si je suis élu, je me livrerai à un trafic de visas", indique Didier Le Bret au HuffPost Maroc.

Le candidat de gauche, s'il assume avoir en effet été "mis en disponibilité" pour le Quai d'Orsay avec qui il a travaillé "pour des missions ponctuelles" pendant six mois, dément avoir commencé sa campagne pour la 9e circonscription dès septembre. "De septembre à novembre, j'ai fait campagne pour être investi lors des primaires socialistes. C'était une campagne interne au parti", explique-t-il. "Je n'ai commencé ma vraie campagne pour les législatives qu'après".

Quant à savoir si ses contacts avec ses "amis" ambassadeurs ne jouent pas en sa faveur, Didier Le Bret botte en touche. "J'ai en effet été logé une ou deux nuits à la résidence de l'ambassadeur de France à Dakar, au Sénégal, en septembre 2016. Mais c'était pour des raisons de sécurité. Depuis, j'ai pris des avions de ligne comme tout le monde pour mes déplacements, j'ai logé dans des hôtels et j'ai fait campagne avec l'argent de la campagne", fait-il valoir, accusant de son côté son adversaire républicain d'avoir profité d'un pique-nique organisé par l'ambassade de Tunis début mai pour faire campagne.

La bataille s'annonce rude pour les deux adversaires qui espèrent décrocher le siège de député pour la 9e circonscription, face à 25 autres candidats. Celle-ci regroupe 16 pays d'Afrique du nord et de l'Ouest, dont le Maroc. Les deux tours des élections auront lieu le 4 juin et le 18 juin.

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