Didier Le Bret, candidat PS aux législatives dans la 9ème circonscription des Français à l'étranger, dévoile son programme

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DIDIER LE BRET
Didier Le Bret est candidat aux législatives dans la 9ème circonscription des Français de l'étranger | Facebook
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POLITIQUE - La victoire d'Emmanuel Macron à la présidentielle française a complètement redessinné le paysage politique de la France. Les partis traditionnels, le Parti Socialiste (gauche) et Les Républicains (droite), ont été bousculés. Le nouveau parti politique La République En Marche et les extrêmes avec Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen se sont imposés. François Fillon (LR) a réussi à sortir la tête de l'eau avec 20,01% des voix. Mais Benoît Hamon, candidat du PS, est arrivé loin derrière avec seulement 6,36% des voix.

Dans ce contexte, les élections législatives, qui désigneront un député dans chaque circonscription, représentent plus que jamais un enjeu pour les partis politiques. Si de nombreux candidats du Parti Socialiste (PS) se sont raccrochés à LREM, le mouvement du nouveau président de la République, ou à la majorité présidentielle, la droite, et surtout la gauche, doivent trouver des solutions pour s'imposer de nouveau dans ce paysage politique. Didier Le Bret, ancien ambassadeur, directeur du centre de crise et de soutien du ministère des Affaires étrangères et coordonnateur national du renseignement, est candidat PS aux élections législatives pour la neuvième circonscription. Il nous dévoile son programme qui s'articule autour de 5 thèmes: l'éducation, la solidarité, l'économie, l'administration, la sécurité et la démocratie.

Les fondamentaux du programme

"L'éducation est l'un des sujets les plus importants", souligne au HuffPost Maroc Didier Le Bret. "Il y a une augmentation des enfants scolarisés dans nos écoles. Mais dans la neuvième circonscription, il y a beaucoup de gens qui vivent avec des revenus modestes, entre 500 et 1.500 euros par mois, et qui n'ont pas les moyens de scolariser leurs enfants. Avec environ 1.200 euros par mois, les familles n'ont pas forcément les bourses pour la scolarisation", souligne-t-il.

Le candidat veut aussi palier le manque d'enseignants. "Les académies sont très frileuses pour envoyer leurs enseignants. C'est aussi une question de budget. Il faut innover pour éviter une déperdition de la qualité de l'enseignement".

Autre volet du programme: la santé. "Il y a environ 200.000 Français de l'étranger sur 2 millions qui sont inscrits aux caisses des Français à l'étranger. Si la couverture médicale de beaucoup d'expatriés est prise en charge par leurs entreprises, de nombreux Français n'ont pas les moyens de la payer. Alors ils arrêtent d'aller chez le dentiste, par exemple. Ce n'est pas parce qu'ils ne payent pas d'impôts en France qu'ils ne peuvent pas avoir accès à cette solidarité", estime-t-il.

Le dernier axe du programme de Didier Le Bret porte sur la sécurité. "Les Français doivent avoir l'assurance que l'État est capable de répondre aux questions de sécurité et de développement ", affirme-t-il. Et d'ajouter, "Pour le reste, ce sont des questions plus techniques. Par exemple, pour les PME, informer les entrepreneurs français des risques et des contraintes avant de s'installer dans un pays".

Des liens avec le Maroc

Avec le Maroc, il a tissé des liens familiaux et professionnels. "Ma famille est d'origine oranaise. Mais ma mère a habité presque 30 ans à Casablanca, jusqu'à l'indépendance. Elle me racontait qu'elle nageait dans la plus grande piscine d'eau de mer du monde, à Casablanca. Quand nous y sommes allés, je lui ai dit qu'elle n'existait plus et qu'à la place, a été construite l'une des plus grandes mosquées du monde, la mosquée Hassan II".

Le candidat a aussi un pied au Maroc grâce à sa suppléante, Marion Berthoud. Elle est installée à Rabat depuis plus de 40 ans où elle a été élue conseillère consulaire. "Elle a beaucoup travaillé dans le social et notamment sur la question du handicap", souligne Didier Le Bret.

Le candidat est allé à la rencontre de ses électeurs au Maroc. "Je suis allé à Agadir, Marrakech, durant l'entre-deux tour, j'irai à Essaouira. Si je suis élu, je resterai en France mais, je m'engage à faire un déplacement tous les 15 jours, soit aller dans chaque pays de la circonscription deux fois par an." Le premier tour des Français de l'étranger aura lieu le 4 juin.

3 questions à Didier Le Bret sur la situation du PS

HuffPost Maroc: Que doit faire le parti pour se reconstruire?

Didier Le Bret: La priorité, c'est de mettre en place une réflexion collective. Il faut établir un diagnostic de la France, de l'Europe et du monde. Il faut arrêter les querelles de personnes au sein du parti. Personnellement, je n'accorde pas d'intérêt à qui sera à la tête du PS. Ce qui compte, à mon sens, c'est de mettre en place un véritable discours républicain et d'établir surtout un vrai programme, pas un programme écrit pour faire plaisir à l'extrême gauche trois mois avant le vote.

Pensez-vous que la situation du PS peut lui causer du tort aux législatives?

La division au sein du PS est une véritable crise: le parti doit être reconstruit. C'est un petit handicap pour les élections législatives. Mais il y a certaines questions sociales auxquelles seule la gauche peut répondre. À côté, le parti d'Emmanuel Macron peut obtenir la majorité ou une majorité suffisante pour s'imposer. Mais il ne faut pas oublier que de nombreux Français ont voté pour Emmanuel Macron par devoir, pour faire barrage au Front National. Donc, rien n'est joué.

Que pensez-vous des résultats de Jean-Luc Mélenchon?

Il y a une véritable dynamique. Mais beaucoup de Français ont été déçus par le fait qu'il n'appelle pas à voter contre Marine Le Pen. Il s'est aussi posé en "ennemi" de la gauche en se présentant aux législatives à Marseille, contre un candidat du PS, Patrick Mennucci. Il assure aussi que le quinquennat de François Hollande est le pire de l'histoire de la Vème République. Comment peut-il dire cela? Je suis fier du bilan de François Hollande. Bien-sûr, il y a eu des erreurs. Mais rappelez-vous comment on avait retrouvé le pays après Nicolas Sarkozy. Aujourd'hui, grâce à François Hollande, des emplois sont en train d'être créés.

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