Maroc: Plusieurs manifestations de soutien au Rif ont eu lieu dimanche

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RIF MOROCCO MAY 2017
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SOCIÉTÉ - La contestation ne faiblit pas. Dimanche, plusieurs manifestations de soutien aux revendications des habitants d'Al Hoceima, dans le nord-est du Maroc, se sont tenues dans la soirée dans plusieurs autres villes du pays.

À Rabat, un sit-in a réuni quelques dizaines de personnes devant le siège du Parlement. "Non à la répression", "Tous unis avec le Hirak du Rif" ou encore "Êtes-vous un gouvernement ou un gang", sont quelques-uns des slogans proclamés par les manifestants. Ces derniers, à en croire plusieurs témoignages, ont été à un certain moment empêchés d'avancer par la police et les forces de l'ordre qui les ont encerclés.

"La situation des droits de l'homme dans le Rif a évolué de manière grave depuis vendredi où un imam d'une mosquée d'Al Hoceima s'est vu qualifier de propagandiste. (...) L'État fait de cet incident un prétexte pour délivrer un mandat d'arrêt contre un certain nombre de militants", a estimé Ahmed ElHaii, président de l'Association marocaine des droits humains (AMDH), cité par le journal arabphone Hespress.

Le responsable associatif a également appelé les autorités marocaines à "ouvrir le dialogue avec tous les acteurs de ce dossier pour trouver des solutions raisonnables, d'autant que le gouvernement a reconnu la légitimité des revendications de la population locale".

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À Casablanca, le sit-in de soutien auquel ont appelé plusieurs associations, dont l'AMDH, a mobilisé plus de monde. Parmi les manifestants présents hier soir Place des Nations unies, il y avait notamment la chef de file du Parti socialiste unifié (PSU) et présidente de la Fédération de la gauche démocratique (FGD), Nabila Mounib.

"Avec ce sit-in pacifique en soutien au "Hirak" d'Al Hoceima et au Rif en général, nous voulons dire d'une seule voix que la réponse (ndlr, des autorités) ne doit se faire avec des arrestations et de la répression, mais plutôt en apportant des réponses aux revendications sociales et économiques de la population qui demandent une renaissance de la région et son intégration dans un plan de développement stratégique", a-t-elle regrettée.

Les participants ont également condamné les arrestations de manifestants annoncées cette semaine par le ministère de l'Intérieur pour des présumés crimes et délits portant atteinte à la sécurité intérieure de l’État, entre autres,

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Ailleurs, quelques centaines de personnes sont descendues dans les rues à Al Hoceima, mais aussi à Imzouren, Tanger et Nador.

Ces manifestations interviennent après l'annonce par le procureur général du Roi près la cour d’appel d’Al Hoceima de l'arrestation de 20 personnes, les 26 et 27 mai dernier, pour de présumés crimes et délits portant atteinte à la sécurité intérieure de l’État et pour d’autres crimes de droit commun.

Au lendemain de ces manifestations, c'est Nasser Zefzafi, leader de la contestation au Rif retranché depuis vendredi, qui a été arrêté pour crime présumé d'entrave à la liberté de culte. Son interpellation avait été ordonnée suite à son intervention violente dans une mosquée lors de la prière du vendredi, où il avait interrompu l'imam qui appelait les fidèles à se mobiliser contre les manifestations. Une première tentative d'arrestation avait échoué, Nasser Zefzafi ayant réussi à s'enfuir.

Selon le procureur général du roi, Nasser Zefzafi a "empêché le prédicateur de poursuivre son prêche, prononçant un discours provocateur, où il a insulté l’imam" et "semé des troubles qui ont attenté au calme, à la quiétude et à la sacralité de ce culte, privant ainsi les fidèles de la dernière prière du vendredi du mois de Chaâbane".

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