Al Hoceima: Les députés ont choisi les réseaux sociaux pour dénoncer les arrestations

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Thousands of Moroccans shout slogans during a demonstration in the northern town of Al-Hoceima, seven months after a fishmonger was crushed to death inside a garbage truck as he tried to retrieve fish confiscated by the police, in Al-Hoceima, Morocco May 18, 2017. REUTERS/Youssef Boudlal | Youssef Boudlal / Reuters
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RÉPRESSION - Alors que les partis politiques font silence radio sur les derniers rebondissements de la situation à Al Hoceima, des parlementaires, eux, ont opté pour les réseaux sociaux pour dénoncer la vague d’arrestations de militants de la contestation populaire.

Amina Maelainine, députée du PJD, qualifie les motifs de ces arrestations collectives de "très flous". Pour elle, "cette vague d’arrestations ne peut pas être considérée comme la réponse convaincante de l’État aux revendications socio-économiques de la région".

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Maelainine va plus loin et met en garde contre la reproduction des émeutes de Sidi Ifni où de violents affrontements avaient opposé des manifestants aux forces de l’ordre. "Il est désolant que l’État reproduise les mêmes erreurs en adoptant la même approche sécuritaire. Nous ne sommes pas à l’abri des événements de Sidi Ifni", prévient-elle.

Son confrère à la Chambre des conseillers, Nabil El Andaloussi, estime que cette approche sécuritaire ne fera que "renforcer la perte de confiance des citoyens dans l’État et ses institutions". Selon lui, cette attitude de l’État pourrait conduire à "de graves dérapages".

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Du côté de l'Istiqlal, son porte-parole, Adil Benhamza, considère que l’arrestation de Nasser Zefzafi ne fera que "renforcer son image de leader" du mouvement de contestation ("Hirak"). L’ex-parlementaire affirme que la condamnation du leader du "Hirak" encouragera davantage les jeunes à poursuivre la protestation. D’ailleurs, des rassemblements ont eu lieu dans plusieurs villes, notamment Rabat, Casablanca et Tanger, pour dénoncer la répression exercée par les autorités.

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A rappeler que plus de 20 personnes ont été arrêtées pour de présumés crimes et délits portant atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat et pour d’autres crimes de droit commun, indiquent des sources officielles. Leur leader Nasser Zefzafi a également été interpellé, ce lundi, pour avoir interrompu le prêche d’un imam dans une mosquée d’Al Hoceima.

Tous les concours de recrutement à Al Hoceima, annoncés après la visite d’une délégation gouvernementale, ont été également reportés à une date ultérieure pour des raisons "organisationnelles et logistiques", comme l’indique un communiqué publié aujourd’hui sur le portail emploi-public.

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