Les prisonniers palestiniens cessent leur grève de la faim

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FAMILLES DES PRISONNIERS
Facebook/Quds El ikhbariya
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Des centaines de détenus palestiniens ont mis fin à leur grève de la faim entamée le 17 avril dans des prisons israéliennes pour améliorer leur conditions de vie, ont annoncé samedi des sources palestiniennes et israéliennes.

Le mouvement a été suspendu à la suite d'un accord conclu entre les représentants des prisonniers et les autorités israéliennes, a indiqué à l'AFP le président du Club des prisonniers Qaddura Farès.

Une porte-parole de l'administration pénitentiaire israélienne a confirmé à l'AFP la fin de la grève suivie par plus de 800 détenus ces derniers jours.

Cette annonce intervient le jour du début du ramadan, le mois de jeûne des musulmans. Elle fait suite à la demande formulée jeudi par le président palestinien Mahmoud Abbas d'une médiation américaine afin de mettre fin à ce mouvement de protestation susceptible d'embraser les territoires Palestiniens au cas où la prolongation de la grève aurait provoqué la mort de détenus.

Selon la porte-parole israélienne, l'accord a été conclu avec le Comité International de la Croix Rouge (CICR) et l'Autorité palestinienne et non avec des représentants des grévistes.

Il prévoit que les prisonniers auront droit à deux visites par mois contre une avant le début de la grève. Cette revendication était l'une des principales présentées par les grévistes. En revanche, ces derniers n'ont pas obtenu la mise à leur disposition de téléphones publics dans les prisons comme ils le réclamaient, a précisé la porte-parole.

Un jour heureux

Une trentaine de prisonniers avaient été hospitalisés ces derniers jours en raison de la détérioration de leur état de santé, selon l'administration pénitentiaire.

Le président Abbas avait indiqué avoir demandé jeudi la médiation américaine à l'émissaire Jason Greenblatt qu'il a reçu à Ramallah deux jours après la venue en Israël et en Cisjordanie du président Donald Trump.

Les Palestiniens ont multiplié les contacts internationaux depuis le début de cette grève de la faim initiée par Marwan Barghouthi, qui purge plusieurs peines de prison à perpétuité. Ce dernier est considéré comme le rival de M. Abbas au sein du Fatah.

Les prisonniers entendaient donner l'alerte sur les conditions de détention des 6.500 Palestiniens incarcérés par Israël, dont des dizaines de femmes et d'enfants, et dénoncer le système judiciaire israélien appliqué aux Palestiniens des Territoires occupés.

Le sort des prisonniers est particulièrement sensible parmi les Palestiniens: plus de 850.000 d'entre eux (pour une population de 4,5 millions dans les Territoires) sont passés par les prisons israéliennes depuis le début en 1967 de l'occupation israélienne.

Le porte-parole du CICR Jesus Serrano s'est félicité de la fin de la grève. "C'est un jour heureux pour tous, nous étions inquiets de la détérioration de l'état de santé des grévistes", a-t-il affirmé à l'AFP.

"Le CICR est prêt à aider les deux parties avec notre expertise et notre soutien technique pour organiser une deuxième visite" par mois des familles des détenus.

Issa Qaraque, qui dirige la commission de l'Autorité palestinienne chargée de la question des prisonniers, a affirmé à l'agence Wafa que l'accord était intervenu après une vingtaine d'heures de négociations menées par Marwan Barghouthi avec les autorités israéliennes.

Pour deux experts palestiniens, il s'agit d'une victoire des prisonniers. Les "autorités israéliennes qui ne voulaient à aucun prix négocier avec les représentants des détenus ont été contraintes de le faire", a déclaré à l'AFP Abdel Majid Souilem. "Reste désormais à savoir si Israël respectera ses engagements", a-t-il ajouté.

Pour Hani al-Masri, il est "très probable que les Etats-Unis ont été directement impliqués dans les discussions".

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