Le photographe Jellel Gasteli rend hommage à la plume d'Abdelwahab Meddeb à l'IFT

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Jellel Gasteli
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Jusqu’au 11 juin prochain, l’Institut Français de Tunis présente "Les Carnets de Marrakech et de Tanger" du photographe tunisien Jellel Gasteli.

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Jellel Gasteli est né et vit actuellement en Tunisie, ses travaux photographiques ont été présentés dans de prestigieuses institutions à travers le monde, notamment à l’Institut du monde arabe à Paris ou encore au Smithsonian à Washington. Ils lui ont aussi valu de participer à des événements notoires comme les Rencontres de Bamako en 2007 ou la Biennale de Dakar en 2016. Il est également l’auteur de plusieurs publications (dont Il Fiore Sbocciato éditions AF Bari, (2001), Série Blanche coédition éditions Eric Koehler, Alesco et Agnès. b, (1997)).

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L’exposition "Les Carnets de Marrakech et de Tanger" rend hommage à son ami, le poète et écrivain franco-tunisien Abdelwahab Meddeb (1946-2014), à travers une sélection de photographies prises entre les deux villes marocaines.

À l’origine de ces clichés, la découverte, en hiver 2015, avec l’épouse de l’auteur Amina Meddeb, de carnets manuscrits inédits dans lesquels il consignait ses impressions de voyage. Ces derniers retiennent rapidement l’attention de l’artiste, fasciné par "la précision des descriptions ciselées en quelques phrases notées à la volée, sans ponctuation, portraits rapides, fulgurance des émotions, urgence de l’écriture sur le vif, précision du trait".

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Pour le photographe, ces récits font échos à la matière et à la création plastique, lui évoquant les travaux d’artistes admirés, comme Rothko, Klee ou Basquiat, et intimement côtoyés comme Fouad Bellamine ou Amel Bennys.

Il concrétise ce passage d’un médium à l’autre à travers la réalisation de ses clichés: "Si Abdelwahab avait été présent, nous aurions pu trouver matière à dialoguer à partir de son point de vue d’esthète érudit. Le regard que la photographie permet de porter sur la perception du monde favorisait entre nous cette forme de partage des émotions et nous liait".

Une création, dont chaque étape semble, en effet, marquée par l’absence regrettée de l’auteur: "Nous dessinons l’idée d’un projet qu’Abdelwahab aurait apprécié faire avec moi, son ami photographe, comme nous avons déjà eu l’occasion de le faire de son vivant", explique Jellel Gasteli.

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S’il ne peut surmonter ce manque Jellel Gasteli entame ce projet conduit par le souvenir de son compagnon: "Février 2016, je chemine dans les ruelles de la médina de Marrakech, comme si je marchais dans ses pas, dans une attitude de maître à disciple, lentement, au rythme de sa diction et du timbre de sa voix lorsqu’il lisait à voix haute", raconte-t-il.

C’est à l’Institut français de Tunis que se matérialise aujourd’hui ce projet, à travers une sélection de tirages grand format, empruntée au "corpus d’images d’un travail en cours de production entre Marrakech et Tanger réalisé pendant l’année 2016". Si ces tirages en couleurs, témoignent de la transition de l’artiste vers la photographie numérique, l’impulsion qui a poussé à leur création reste empreinte du même mysticisme que celui des œuvres en noir et blanc qui ont inspiré à Abdelwahab le texte Blanches Traverses du Passé.

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