En grève de la faim depuis 40 jours, les 1300 prisonniers politiques palestiniens sont en danger de mort

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GRVE DES PRISONNIERS
AFP
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Quasiment passée sous silence dans les grands médias internationaux, la grève de la faim des prisonniers plaestiniens boucle les 40 jours.

Quarante jours que des centaines de Palestiniens dans les prisons israéliennes mènent un combat pour la dignité sans que leur combat ne soit médiatise. Aujourd'hui ce sont les organisations internationales notamment la Croix rouge internationale (CICR) et la fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) qui tirent la sonnette d'alarme.

Les prisonniers Palestiniens sont en danger de mort, affirme la FIDH dans une lettre adressée au nouveau président français et co-signée avec 25 autres associations et organismes des droits de l'Homme.

Depuis août 2016 les prisonniers avaient tenté de négocier avec les autorités israéliennes la garantie de leur droits. "Ces demandes restant lettre morte, les détenus avaient annoncé le déclenchement prochain d‘une grève de la faim, seul recours non-violent à leur disposition", explique les ONG signataires de la lettre.

Les ONG signataires soulignent que les grévistes de la faim "sont entrés dans leur deuxième mois de grève de la faim, une période très critique où leur santé se détériore rapidement."

Les auteurs de la lettre adressée à Macron relèvent que "les détenus de la prison de Beersheva et Marwan Barghouthi ont annoncé qu’ils étaient prêts à débuter une grève de la soif. Ils cesseraient alors de boire de l’eau salée, seul élément qu’ils ingèrent depuis plus d’un mois. De nombreux détenus risquent des atteintes irréversibles à leur santé et plusieurs centaines d’entre eux ont été transférés dans des hôpitaux "de campagne" mis en place à côté des trois prisons où ont été regroupés les prisonniers".

Cet état de santé des prisonniers a également inquiété le CICR. Les médecins du cet organisme ont rendu visite à tous les détenus en grève de la faim et surveillent de près leur situation. Six semaines après le début de la grève de la faim, "nous sommes préoccupés par les éventuelles conséquences irréversibles sur leur santé, a déclaré le chef du département de la santé du CICR en Israël et dans les territoires palestiniens occupés, Gabriel Salazar. Du point de vue médical, nous entrons dans une phase critique."

Les grévistes de la faim palestiniens sont issus de toutes les mouvances politiques du Fatah jusqu’aux partis de gauche en passant par le mouvement de résistance Hamas.

Seule organisation internationale admise auprès des détenus palestiniens, le CICR appelle dans son communiqué "les autorités et toutes les parties concernées à trouver une solution qui évitera toute perte de vie ou des dommages irréversibles à la santé des détenus".

La grève de la faim est une méthode fréquemment utilisée par les détenus palestiniens en Israël. La plus longue d’entre elle jusqu’à présent avait duré 63 jours, d’avril à juin 2014. Menée par une centaine de prisonniers en détention provisoire, elle s’était soldée, comme d’autres auparavant, par un accord à la portée très limitée sur l’amélioration des conditions de détention.

Face au silence de la communauté internationale et le discrédit que veut jeter l'occupant sur ce mouvement de protestation, la grève des prisonniers palestiniens tournent à l'épreuve périlleuse. Jusqu'où peut aller la grève de la dignité?

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