The Moroccan Souk: le repère du Design à Abidjan qui valorise les artisans marocains et africains

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THE MOROCCAN SHOP
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DESIGN - À 27 ans, Zineb Sebti Galano est un petit bout de femme plein de ressources. Native de Rabat où elle a grandi, elle est, aujourd'hui, à l'origine d'un projet ambitieux de design accessible et éco-responsable dont la raison d'être est la valorisation du travail des artisans marocains et africains.

Basé en Côte d'Ivoire, son atelier-store, baptisé "The Moroccan Souk" (TMS), est un véritable lieu d'échange et de création. Nous avons rencontré cette mordue de la décoration. Elle nous raconte son parcours.

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HuffPost Maroc: Comment avez-vous succombé au design?

Zineb Sebti Galano: En réalité, je baigne dans cet univers depuis ma naissance. Ma mère est architecte et grandir avec une maman architecte, c'est aussi grandir sur les chantiers en admirant les plans colorés qu’elle dessinait à la maison. J'ai passé également des heures et des heures dans les musées en sa compagnie. Une fois mon baccalauréat en poche, le choix de mon orientation s'est très vite porté sur l'architecture d’intérieur. J'ai décroché mon diplôme dans cette branche à Rabat, avant de m'envoler à Paris où j'ai poursuivi mes études dans la spécialité du design mobilier et paysagisme.

Racontez-nous votre parcours de Rabat à Abidjan...

Après Paris, je me suis rendue en Amérique Latine, en Guyane, où j'ai commencé à faire du Coaching déco. C'est à cette période que j'ai découvert l’Amazonie et l'incroyable culture amérindienne, qui m'inspire beaucoup encore aujourd'hui. Puis j'ai passé quelques temps au Tchad, à N'Djaména, où je me suis perfectionnée au travail manuel et où j'ai aussi développé une vraie passion pour la création du mobilier design. Pour moi, dessiner un meuble et pouvoir le réaliser, c’est un peu comme mettre au monde un bébé. Il y a de l'amour, de l'effort, des matériaux et quelque chose de magique. Aujourd'hui, cela fait plus de 2 ans que je vis à Abidjan, c'est la seule ville où j’ai eu envie de poser mes bagages. Je m'y sens chez moi.

Pourquoi avez-vous lancé TMS?

Il est compliqué de se meubler à Abidjan. Le niveau de vie y est assez élevé pour un expatrié et il faut redoubler d’ingéniosité pour dénicher le bon meuble au bon prix. À travers mon atelier, je propose du mobilier sur mesure en adéquation avec la personnalité de chacun de mes clients. Mon objectif est qu'ils se sentent bien chez eux, sans avoir à débourser de grandes sommes d'argent.

Comment décririez-vous TMS?

TMS est un lieu à coeur ouvert où le partage est au centre de tout. J’y expose mes créations, mes coups de coeur et j’y organise des ateliers pour adultes et enfants pour les sensibiliser à l’art, au bricolage et aux activités manuelles, ludiques et productives. J'essaie aussi de démocratiser l’architecture d’intérieur et de sensibiliser le public à l’importance d’un espace bien conçu et réfléchi, réalisé par un professionnel en leur proposant des séances de coaching ou du clé en main à des prix très abordables. J'anime également des ateliers créatifs et des DIY pour petits et grands.

Vous êtes une adepte du recyclage et du design écologique. Quelle serait votre vision en la matière?

Je pense que la nature et les beaux paysages qu’offrent ce pays se doivent d’être respectés et valorisés par des matériaux écologiques et des projets appropriés. Je veux faire découvrir l’Upcycling, en appliquant une devise: "rien ne se jette, tout se transforme". Mon objectif est que le lieu de vie tendance soit à la portée de tous. Rendre le fait de se sentir bien chez soi accessible à tous, c'est mon concept.

En véritable amoureuse de la faune et la flore, j’ai eu, par ailleurs, la possibilité de faire du bénévolat pour la protection des animaux et de voyager sur des sites paradisiaques. Plus j’en découvre et plus ma soif et mon amour pour ce pays grandissent. Je veux y apporter quelque chose de positif.

Comment se passe la vie d'une Marocaine à Abidjan?

Ce n'est pas toujours évident de se faire accepter comme africaine quand on est blanche. Beaucoup sont étonnés que je puisse me présenter et dire fièrement que je suis africaine au vue de ma couleur de peau et de mon accent. Mais au bout de quelques questions, ils finissent toujours par m'accepter en tant que tel. Les Ivoiriens sont un peuple chaleureux et accueillant, ils ont ce côté protecteur qu’ont les Marocains envers les étrangers. Je me sens bien ici, adoptée et adaptée.

Quelle est votre plus grande fierté?

Pouvoir être à l’initiative de la "mixologie" entre l’artisanat marocain et ivoirien, deux cultures riches qui ont tellement à donner. J'y travaille en tout cas.

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