Une caricature vexe les employés du Fisc

Publication: Mis à jour:
FISC
Rik/L'Économiste
Imprimer

POLÉMIQUE - Cette caricature ne semble pas être au goût de tout le monde. Un sit-in des employés de la Direction des impôts (DGI) à Marrakech a été organisé, mardi dans la ville ocre, pour dénoncer une caricature publiée dans l’édition du 18 mai du quotidien L’Économiste. Le dessin en question accompagnait un article sur les nouvelles mesures prises par la Direction générale des impôts pour recadrer ses inspecteurs.

Le dessin est signé par le caricaturiste Tarik Bouidar, plus connu sous le nom de Rik. Ce dernier a choisi de mettre une muselière au personnage représentant l’inspecteur, retenu par la DGI pour l’empêcher d’atteindre le contribuable. Cette représentation semble avoir profondément blessé les employés du fisc qui menacent, à travers leur protestation, de poursuivre en justice le journal.

sitin

“Moi-même et l’ensemble du personnel de la DGI, nous nous étonnons de cet excès, qui ne s’accorde ni avec le professionnalisme que nous avons toujours reconnu à votre publication, ni avec la bienséance élémentaire qui, habituellement, ne fait pas défaut à vos articles", écrit Omar Faraj, directeur général des impôts, dans un droit de réponse publié en Une de L'Economiste du 23 mai. "L’intégrité de près de 5000 cadres dévoués est en jeu”, ajoute-t-il. Et de rappeler, dans sa réponse, le travail effectué par les employés de la DGI pour améliorer “l’efficacité administrative et financière de leur institution”.

Le caricaturiste, quant à lui, ne s’attendait pas à une telle réaction. Contacté par le HuffPost Maroc, Rik souligne qu’il n’avait aucunement l’intention de blesser ou de heurter la dignité des inspecteurs des impôts.

“Pour eux, je les aurais considérés comme des chiens, ce qui n’est pas du tout le cas", assure-t-il. Et d'expliquer: "Il est vrai que, dans notre société, les chiens sont considérés comme une insulte. Mais, la muselière était là juste pour dire que la DGI allait brider ses inspecteurs pour qu’il n’y ait pas d’excès dans leur contrôle fiscal”.

fisc

Le caricaturiste avoue qu’il fera plus attention dans ses choix de dessins en évitant toute assimilation aux animaux qui, selon lui, n’auraient pas créé polémique s’ils avaient été publiés dans un journal occidental. Ce n'est pas la première fois que les caricatures de Rik ne font pas l'unanimité. Il avait été blâmé, auparavant, pour avoir traité d’ânes l’ex-ministre des Transports et de l’Équipement, Karim Ghellab, et le ministre de l'Économie et des Finances, Mohamed Boussaid, à qui il avait fait porter des bonnets d’ânes dans sa caricature, symbole du “mauvais élève”.

Rik a également tenu à présenter ses excuses aux employés de la DGI. “Je suis un caricaturiste et je m’exprime donc d’une façon particulière. Il faudrait qu’ils aient peut-être plus de largeur d’esprit dans la perception des choses. Mais ce n’était pas mon intention de les insulter”, tient à préciser le caricaturiste.

LIRE AUSSI: