Très vulnérable aux attaques "WannaCry": Windows XP a encore des partisans

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An employee assists a customer with Microsoft Corp. Windows brand computers at a Best Buy Co. store in Downers Grove, Illinois, U.S., on Tuesday, May 23, 2017. Best Buy Co. is scheduled to release earning figures on May 25. Photographer: Daniel Acker/Bloomberg via Getty Images | Bloomberg via Getty Images
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Dans les attaques ransomware "WannaCry", les ordinateurs fonctionnant encore sous Windows XP ont été particulièrement touchés. Une des causes, c’est que Windows XP n’est plus couvert par les mises à jour de sécurité de Microsoft depuis trois ans.

Un patch de sécurité d’urgence édité par Microsoft pour XP a, d’ailleurs, permis de freiner la diffusion des attaques qui ont touché plus de 200.000 ordinateurs dans 150 pays, mais ne les a pas arrêté. Lancé en 2001, XP garde encore des parts de marché non négligeables dans certaines parties du monde, selon les chiffres de StatCounter.

Si aux Etats-Unis, le système d’exploitation XP est à une proportion infime (en dessous de 3% du parc informatique roulant sous Windows), ailleurs, comme en Afrique, en Asie et même en Europe (en particulier dans des institutions publiques et administratives), Windows XP.

Selon la société d'analyse StatCounter, la part de marché mondiale de Windows XP est de 5,26% en avril 2017 (selon Net Applications ils sont 7%), alors qu’à la même période en 2016, cette proportion était de 8,74% de l’ensemble des PC connectés fonctionnant sous un système d’exploitation de Microsoft. Mondialement, XP se maintient, en avril 2017, à la 4e place, derrière Windows Seven (46,17%), Windows 10 (35,57%), Windows 8.1 (9,57%). Les deux dernier dans le classement mondial des OS de Microsoft, sont Windows 8 (2,32%) et Windows Vista (1,02%).

La part de marché de Windows XP est différente selon les régions. En Amérique du Nord, elle est de 2,81% (4e place). Mais dans cette région, la première place revient pour la première fois à Win10 (44,74%), puis de Win7 (40,18%) déclassé en 2e position, et de Win8.1 (8,7%). C’est aux Etats-Unis que XP (en 4e position) est le moins prépondérant. Sa part dans les PC est passée de 4,38% en avril 2016 à 2,68% en avril 2017. Win10 est en tête avec 45,47% en avril 2017 (contre 26,06% un an plus tôt), suivi de Win7 avec 40,05% (48,15% en 2016).

Outre l’Amérique du Nord et les USA, l’Europe et l’Asie comptent aussi parmi les régions où la part de Windows XP est en dessous de 5%. En Europe et en Asie le parc informatique exécutant XP, en avril 2017, est respectivement de 4,95% et 6,42%, contre 7,72% et 12,36% un an plus tôt. Mais c’est en Europe où Win10 est à la première place avec 43,04% de parts, contre 39,56% pour Win7, et 9,22 pour Win8.1. En Asie, Win7 est encore en tête avec plus de la moitié (53,98%) du parc informatique exécutant un système d’exploitation de Microsoft, suivi de Win10 avec 26,27% et de Win8.1 avec 10,21%.

Baisse accélérée de XP en Afrique et en Algérie

C’est en Afrique (et en Algérie) où XP a la plus forte présence et que Win7 est encore en tête (largement devant dans le cas de l’Algérie).Toujours selon StatCounter, entre avril 2016 et avril 2017, la part de Windows XP est passée de 15,58% à 11,47% en Afrique, et de 16,41% à 10,64% en Algérie. Dans les deux cas, XP est passé de la 2e à la 3e position. Toujours premier, Win7 représente 54,26% du parc PC en Afrique, contre plus de 65% en Algérie.

Passant de la 4e à la 2e position, Win10, a été adopté par 19% des utilisateurs en Afrique (9% en avril 2016), contre 12,54% en Algérie (6,19% en avril 2016). Win8.1 arrive en 4e position avec près de 9% aussi bien en Afrique qu’en Algérie. Windows Vista, le plus impopulaire des OS de Microsoft, enregistre en Algérie un des taux les plus bas au monde, avec 0,3% de taux d’utilisation.

Quittez XP, conseillent les experts

Le patch de Microsoft pour XP est loin d’être suffisant, estiment les experts. D’abord, il ne sera d’aucune utilité pour les ordinateurs déjà touchés par l’attaque "WannaCry". A noter qu’il faut installer toutes les mises à jour de sécurité que Microsoft a édité avant et après ces attaques pour l’ensemble des versions de son système d’exploitation.

La persistance de l’utilisation de Windows XP est d’abord liée au fait qu’il a été l'une des premières versions Windows les plus stables. Cinq ans plus tard sa popularité est allée en grandissant après l’édition de son successeur impopulaire, Windows Vista.

Un récent sondage de Spiceworks a révélé que plus de la moitié des entreprises du monde entier ont au moins une machine exécutant Windows XP. Mais si la migration vers des OS plus récents coute cher, l’on sait désormais qu’elle est plus onéreuse depuis l’attaque "WannaCry". Le patch d’urgence "peut donner aux utilisateurs un faux sentiment de sécurité et ne les motive pas à passer vers des systèmes plus sécurisés", affirme Jérôme Segura, principal analyste en intelligence malveillante chez Malwarebytes.

"Si, pour une raison ou une autre, ils exécutent Internet Explorer [sur XP]", ajoute Segura, "il ne faudrait que quelques minutes de navigation sur le net avant d'être infecté via une publicité malveillante ou un site compromis". D’où l’urgence de quitter Windows XP.

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