À peine 5,5 années d'études en moyenne pour les 15 ans et plus!

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Youssef Boudlal/Reuters
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ÉDUCATION - C’est encore un tableau sombre qu’a dressé Rahma Bourqia, directrice de l’Instance nationale d’évaluation (INE) auprès du Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique, ce mercredi à Rabat. "La scolarisation de la population marocaine âgée de 15 ans et plus ne dépasse pas, en moyenne, 5 années et 6 mois, soit moins que les six années d’études primaires", dit-elle.

C’est ce qui ressort de l’Atlas territorial des disparités en éducation, l’un des mécanismes de suivi des indicateurs de l’équité de l’éducation à l’horizon 2030, élaboré par l’INE. Par conséquent, "le Maroc se situe à la 136e place sur un total de 175 pays du monde", a précisé Rahma Bourqia. De quoi faire rougir le Maroc, surtout que plus des trois quarts des pays du monde dépassent largement le seuil de 6 années, voire plus de 12 années.

Entre autres coupables, l'analphabétisme

Pour Rahma Bourqia, deux principales raisons peuvent expliquer ce retard accumulé dans la moyenne d’années de scolarisation. D’un côté, l’analphabétisme pèse lourdement sur le niveau moyen du capital humain malgré sa réduction relativement importante durant la dernière décennie. De l’autre, le Maroc n’a pas suffisamment étendu l’enseignement secondaire qualifiant et supérieur, explique t-elle. Dans ce schéma, la proportion de la population âgée de 15 ans et plus ayant atteint le niveau supérieur reste relativement faible. En 2014, elle a atteint 8.5%, comparable à la valeur enregistrée dans la région MENA en 2000. Pis, cette proportion reste inférieure à celle affichée pour les pays développés au début des années 70.

Inégalités et disparités régionales

Le Maroc a perdu 14 places de plus dans le positionnement en termes d’égalisation des chances dans l’accès à l’éducation pour pointer au 150e rang. Selon Rahma Bourqia, la massification de l’éducation durant la période 2004-2014 n’a pas été suffisamment accompagnée d’une diminution conséquente des inégalités dans ce domaine.

gini

L’instance constate en fait une amélioration beaucoup plus apparente dans la moyenne d’années de scolarisation que dans l’indice de Gini qui mesure les disparités. Si l’augmentation la plus prépondérante du niveau moyen d’éducation a été enregistrée pour la période 2004-2014, la cadence de la baisse du coefficient d’inégalité est restée, cependant, assez linéaire tout au long de la période 1982-2014.

Les régions de Laayoune-Sakia El Hamra, Eddakhla-Oued Eddahab, Casablanca-Settat et Rabat-Salé-Kénitra affichent simultanément les niveaux d’inégalité les plus faibles (inférieurs à 0.50) et les moyennes d’années de scolarisation les plus élevées (supérieures à 6 années). À l’inverse, les régions de Marrakech-Safi et de Béni Mellal-Khénifra sont les seules dont la moyenne d’années de scolarisation est inférieure à 5.

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