Intégration des migrants et des réfugiés: les difficultés d'accéder au marché de l'emploi au Maroc

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ASSOCIATED PRESS
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ACCÈS A L'EMPLOI - L’intégration économique des migrants et des réfugiés s’avère plus compliquée que prévu. C’est du moins ce qui ressort des différentes interventions de l’atelier de réflexion organisé, ce mardi à Rabat, par le ministère chargé des Marocains résidant à l'étranger et des Affaires de la migration et le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

Habib Nadir, secrétaire général du ministère de tutelle, reconnaît une série de difficultés d’accès des migrants et des réfugiés au marché de l’emploi. En tête, la maîtrise insuffisante de la langue du pays d’accueil, la non reconnaissance des qualifications ou l’inadéquation des profils avec les besoins du marché d’emploi local. À cela s’ajoutent "des barrières d’ordre subjectif, telles que la discrimination à l’embauche fondée sur la nationalité, la race ou l’origine ethnique".

L’absence de politique d'intégration économique des migrants au même titre que les nationaux complique davantage la situation, comme le reconnaît le SG du ministère de tutelle. Toutefois, "des avancées ont été réalisées", rassure-t-il, citant notamment la suppression de la préférence nationale en matière d'accès à l'emploi et l'extension des formations aux migrants par l'Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT).

Appui aux réfugiés

Des programmes ont été lancés par la société civile avant même l’adoption de la nouvelle politique migratoire. C’est le cas du projet d’insertion socio-économique des réfugiés urbains au Maroc. Il a été lancé en 2007 par le HCR en collaboration avec l’Association marocaine pour la promotion de la petite entreprise. Ce programme s’est, d’abord, focalisé sur les activités génératrices de revenus avant d'intégrer la formation professionnelle dès 2011. Certes, l’initiative est louable, mais le bilan présenté, lors de cette rencontre, montre la persistance de difficultés d’intégration économique de cette catégorie.

À titre d’exemple, le taux de survie des activités génératrices de revenus, appuyées par les Nations unies, ne dépasse pas 53,7%. Un total de 428 réfugiés ont profité d'un accompagnement depuis 2007. Si le résultat n'est pas aussi probant, "c'est en raison des contraintes institutionnelles et réglementaires ayant été à l'origine du blocage de l’évolution du projet, notamment la création de coopératives de réfugiés".

Pour les Nations unies, ce chiffre reste toutefois honorable, compte tenu de la fragilité et de la variabilité de la population cible. D’autant que l’arrivée massive des réfugiés syriens, à partir de 2013, a imposé la refonte des méthodes de travail et d’accompagnement des bénéficiaires, qui étaient jusqu’alors essentiellement d’origine subsaharienne, pour la plupart, installés sur l’axe Casablanca-Kénitra.

Partenariat

Face aux défis de l'intégration des étrangers établis au Maroc au marché de l'emploi, Ahmed Ait Haddou, président de l’Association marocaine pour la promotion de la petite entreprise, a insisté sur l'importance du partenariat pour faire aboutir ce type de programme. "Nous n'avons jamais bénéficié de subventions de l'État. Ce sont les partenariats qui nous intéressent", précise-t-il.

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