Al Hoceima: Le gouvernement et l'opposition se renvoient la balle

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PARLEMENT - Saâd Eddine El Othmani s’était promis de ne pas céder aux provocations des députés, en l'occurrence ceux de l'opposition, lors de sa première séance mensuelle des questions orales tenue ce jeudi à la Chambre des représentants. Mais la question posée par un député du parti de l'opposition PAM sur le bras de fer qui oppose le gouvernement au mouvement de protestation à Al Hoceima a fini par le faire sortir de ses gonds. Le chef de gouvernement s’en est pris au PAM, sans le nommer directement. "À qui revient la présidence de la région?", lance-t-il. Mais, pour El Othmani, son gouvernement ne cède pas aux "petits calculs".

Ces déclarations n'ont pas tardé à susciter des remous dans les rangs du PAM. Le député Pamiste, Mohamed Chourourou, a appelé le gouvernement à assumer ses responsabilités face à la situation qui prévaut au Rif. Une pique qui a poussé le porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi, à réclamer un droit de réponse dont il ne dispose pas. Il a fallu que le président de la Chambre des représentants, Habib El Malki, intervienne pour lui rappeler le règlement interne de la Chambre des représentants et que la gestion de la séance relève de ses instances et non du gouvernement.

Le dossier d'Al Hoceima ne figurait pourtant pas à l'ordre du jour de cette séance mensuelle. Le chef du gouvernement devait répondre à des questions sur la moralisation de la vie publique et sur la diplomatie économique du Maroc en Afrique.

Lutte contre la corruption

C'est l’un des chantiers phares de son mandat. Saâd Eddine El Othmani a promis une moralisation de la vie publique. Pour planter le décor, il a précisé que "ce chantier reste tributaire de la lutte contre la corruption, qui, à son tour, reste conditionnée par la réforme de l’administration publique".

Il poursuit en indiquant que toutes les initiatives menées par les gouvernements précédents n’ont pas permis d’atteindre les objectifs fixés. Les premières assises consacrées à la lutte contre la corruption remontent à 1999. Depuis, plusieurs programmes de courte durée ont vu le jour, mais aucune stratégie intégrée n’a été élaborée. "Il a fallu attendre fin 2015 pour se doter d’une stratégie nationale", rappelle-t-il. Cette feuille de route, qui préconise surtout des actions de prévention, semble satisfaire le chef du gouvernement.

Avec cette stratégie, le Maroc dispose, pour la première fois, d’une vision claire qui s’étale sur 10 ans. Encore faut-il qu’elle franchisse l’étape de l’exécution. En effet, la commission nationale anti-corruption qui devrait assurer le pilotage de cette stratégie n’a pas encore vu le jour. Le décret portant sur sa création n’a pas été adopté. El Othmani a, toutefois, affirmé que le décret sera approuvé dans les deux prochaines semaines. En attendant, il a souligné que 2.992 affaires de corruption ont été déférées devant les tribunaux en 2016. De même, toutes les affaires relayées par la Cour des comptes ont été transmises à la justice.

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