Les habitants de la cité Mansour Eddahabi (Hussein-Dey) dénoncent la Hogra et le piétinement des lois de la République

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PORTAIL DE LA CIT MANSOUR
Facebook/Al moumtaza
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Les habitants de la cité Mansour Eddahabi à Hussein Dey n'ont pas digéré l'agression collective dont ils ont été victimes le 14 mai dernier.

Dans une lettre ouverte adressé à l'agresseur, en l’occurrence le wali d'Alger, M. Abdelkader Zoukh, les habitants de cette petite cité dénoncent la hogra et le piétinement des lois de la république. Un préjudice moral immensurable, selon la lettre postée sur la page Facebook de leur association.

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...vous n’imaginez pas à quel point cet acte d’extrême violence a causé de dégâts dans nos esprits. Les paisibles habitants de la Cité Mansour Eddhabi viennent de recevoir une leçon amère : une Décision de justice ne protège pas de l’arbitraire. Ils viennent de comprendre qu’il fallait "avoir des relations", faire des "interventions", chercher l’appui des "s’hah" au lieu de compter sur la loi, la raison, le bon sens. Oui, Monsieur Zoukh, vous n’avez pas seulement dévasté notre cité, vous avez profondément ébranlé l’enseignement que les aînés – dont beaucoup d’anciens cadres supérieurs et formateurs – donnent aux plus jeunes sur la primauté de la loi, sa supériorité."

Dénonçant la loi du plus fort, les habitants de la cité Mansour Eddahabi, rappelle au premier responsable de leur wilaya l'étendue des préjudices causés par l'éventration de la cité. "Monsieur le Wali Zoukh, vous n’avez pas seulement détruit notre portail et éventré notre cité. Vous avez fait beaucoup plus : vous avez ébranlé la capacité des personnes âgées de la cité, les sages, à convaincre leurs enfants que la loi protège et qu’elle finit par l’emporter sur les interventions des puissants, des "S’hah"."

Rappelant qu'ils disposaient d'une décision de justice, les habitants de la cité Mansour soutiennent que le wali a décidé "d’ignorer" la force de la loi et qu'ils savent pertinemment "que cette destruction a été le fruit d’une multitude d’interventions avec en arrière-plan des convoitises sur les parties communes de notre cité".

Ils ajoutent dans le même sillage "mais vous devez savoir tout cela. Si vous ne le savez pas, nous vous invitons à demander à vos collaborateurs par quelle magie, tour de passe-passe et tout autre miracle, ils ont réussi à vous convaincre d’autoriser la destruction d’un patrimoine de l’Etat, cédé à ses cadres et fonctionnaires dans le cadre de la loi, en vous le présentant comme une construction illicite et anarchique. Comment un tel acte a-t-il pu être commis sous votre signature ?"

Et de conclure "c’est fait monsieur le Wali Zoukh, vous avez démontré votre puissance, ceux qui ont agi derrière les coulisses – on les connait – ont démontré qu’ils ont de l’influence."

Dépités, les habitants de la cité Mansour Eddahabi crient leur impuissance face à la loi des "épaulés". "Dans notre cité, les hommes et des femmes n’arrivent plus à dormir depuis ce jour tant leur impuissance devant la hogra les ronge. Les plus anciens, les sages présumés, qui n’arrêtent pas de dire aux jeunes de faire confiance à la justice, de ne jamais se laisser tenter par la violence – même verbale – viennent peut-être de perdre définitivement la face et leurs convictions. "

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