Où sont les revenus du tourisme ? Les hôteliers répondent à Chedly Ayari

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TUNISIA TOURISM
SOUSSE, TUNISIA - JUNE 22: A young girl walks past an unoccupied parasol on the beach of the once popular resort of Sousse in the North of Tunisia where the country's tourism industry has fallen into a steep decline since last year's terror attacks, on June 22, 2016 in Sousse, Tunisia. One year ago, on 26th June 2015, a radicalised Tunisian student, Seifeddine Rezgui, killed 38 people in a terrorist attack on the beaches of the popular holiday resort of Sousse leading the British government to u | Mary Turner via Getty Images
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La Fédération Tunisienne de l'Hôtellerie (FTH) s'est indignée quant aux déclarations du gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie Chedly Ayari faites devant l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), mardi 16 mai, selon lesquelles il a indiqué que les entrées touristiques ont augmenté depuis le début de l’année sans être suivie d'une hausse similaire du côté des recettes.

Intervenant mercredi sur le plateau télévisé 24/7, le président de la FTH, Khaled Fakhfakh, a déclaré que les chiffres relatifs au secteur touristique étaient flous et manquent d'analyse. Il a indiqué que certes le nombre de nuitée a augmenté de 713 mille nuitées comparant à l'année précédente mais près de 56% d'entre elles sont relatives à la clientèle maghrébine et aux Tunisiens qui paient leur facture en dinar. "260 mille nuitées seulement ont été réservées par les touristes européens," a-t-il précisé en ajoutant que l'encaissement de ces recettes ne sera effectif qu'au cours des prochains mois à savoir juillet et août. "C'est juste pour faire le buzz", a-t-il lancé en faisant allusion au gouverneur de la BCT.

"Nous sommes très en colère," a martelé Khaled Fakhfekh. Il a fait savoir que les acteurs du secteur travaillent d'arrache-pied depuis des mois pour promouvoir l'image de la Tunisie et redorer son blason, mais il a suffi de quelques mots, jugés irresponsables, pour que tous ces efforts tombent à l'eau.

M. Fakhfakh a également pointé du doigt le manque de visibilité pour sauver le secteur qui peine depuis des décennies à redresser la pente. "On n'a pas de politique économique claire," a-t-il noté en soulignant le recours inconditionnel au tâtonnement et aux stratégies provisoires comme solution à la crise.

Le président de la FTH a souligné, par ailleurs, la nécessité de "se libérer de la devise". Il a estimé qu'il est plus judicieux d'adopter la convertibilité libre du dinar où la banque centrale se libère de cette tâche pour se consacrer pleinement à sa politique interne."Le rôle de la banque centrale est plus noble que le contrôle de change," a-t-il ajouté.

De son côté, le vice-présent de la FTH Jalel Eddine Henchiri, a expliqué que les revenus du tourisme ont augmenté de 40% contrairement aux revenus en devises qui n’ont augmenté que de 4,4%. Il a précisé que l’offre reste inférieure à la demande malgré l'amélioration de la situation. "Après 2011, les prix des séjours ont chuté car ils répondent aux lois du marché international. Même la chute du dinar ne permet pas d’améliorer les revenus. Pour nous, comme pour les responsables, nous visons l’amélioration des chiffres du marché européen pour espérer améliorer les revenus en devises,"a-t-il répliqué.

Réagissant aux déclarations du gouverneur de la BCT, la FTH a publié un communiqué dans lequel elle appelle à plus de responsabilité dans les déclarations prononcées devant les représentants du peuple . La FTH réitère, également, sa demande auprès de la Banque Centrale pour obliger les hôtels à signer leurs contrats avec les Tour Operators en monnaie étrangère convertible, comme c’est le cas dans plusieurs pays concurrents, à l’exemple de l’Egypte ou de la Turquie

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