Lutte contre le terrorisme: Le Maroc et l'Espagne s'engagent pour la sécurité de la région du Sahel

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KHIAME
Reuters
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COOPERATION - "La coopération entre l’Espagne et le Maroc dans la lutte contre le terrorisme est un modèle international, aujourd’hui. L’échange de renseignements entre les deux pays et leurs interventions conjointes pour avorter des projets terroristes se font dans un temps record", a déclaré le directeur du Bureau central d’investigation judiciaire (BCIJ), Abdelhak Khiame.

Le patron du "FBI marocain" a exprimé sa satisfaction de la coopération liant les deux pays à l’occasion du deuxième Forum hispano-marocain sur la sécurité et la lutte anti-terroriste organisé vendredi 19 mai à Rabat par la Fondation de la culture arabe (FUNCA).

Et sa satisfaction, il l’a justifiée par des preuves tangibles en rappelant l’opération conjointe de démantèlement d'une cellule terroriste lundi 8 mai. Celle-ci était composée de trois éléments partisans de l'organisation dite "Etat Islamique". L’un d’eux a été interpellé à Tanger, alors que les deux autres l’ont été en Espagne. Cette cellule terroriste avait des relations étroites avec des combattants en Syrie et en Irak et cherchait à recruter des jihadistes pour le compte de Daech.

La coopération n’est plus un choix

M. Khiame a tenu à souligner, au cours du forum, que le terrorisme, étant sans frontières, impose désormais la coopération entre et avec tous les pays. "C’est une nécessité, parce qu’il est question d’échange de renseignements, mais aussi d’alignement de lois. Les obstacles politiques, dans ces cas-là, doivent être levés", a-t-il insisté. Et de préciser que vis-à-vis du Maroc, "aucun pays ne refuse, aujourd’hui, l’échange de renseignements à part un seul, l'Algérie".

Pour lui, "la vulnérabilité des pays du Sahel en fait, malheureusement, une région à risque constant. (…) La position géopolitique du Maroc et de l’Espagne nous permet de veiller sur la sécurité dans toute la région. Le Maroc, au sud, donnant sur les pays d’Afrique subsaharienne et, au nord, l’Espagne, qui représente un accès vers l’Europe".

Eviter les erreurs du passé

Pour le patron du BCIJ, le Maroc avait, par le passé, "payé le prix fort" son ouverture mondiale. "Je me rappelle très bien, avant les attentats du 16 mai 2003 à Casablanca, pour le démantèlement des cellules de la Salafia jihadia, je fais surtout référence aux milices de Youssef Fikri, à chaque fois que nous détenions un renseignement sur leur localisation, nous les rations, parce qu’ils circulaient avec de faux papiers", confie-t-il.

Alors, pour éviter des cas pareils, il a fallu renforcer l’appareil sécuritaire par, entre autres, la mise en place de la carte nationale électronique et du passeport biométrique.

Selon les données dévoilées par ce haut responsable, de 2002 à 2016, le Maroc a réussi à démanteler un total de 170 cellules terroristes et à avorter 344 projets, dont des attentats à l’explosif.

Terrorisme et droits de l’Homme

Au même forum, Ana Gemma Martin, professeur de droit international à la faculté de droit de l’Université Complutense de Madrid, a estimé que "le terrorisme trouve un terrain fertile dans les milieux où les lois ne sont pas respectées" mais que les détentions d’individus, opérées dans ce cadre, "ne doivent se faire qu’à court terme".

Pour cette spécialiste du droit international, "le long terme, dans les détentions liées au terrorisme, aboutit à une impasse morale". Le risque de multiplier des prisons du genre Guantanamo est alors inévitable, selon Mme Gemma Martin qui a souligné, ainsi, l’importance pour tout pays de respecter les principes du procès équitable.

"Le renforcement des droits de l’Homme est aussi une prévention contre le terrorisme", a-t-elle précisé, saluant le retour du Maroc à l’Union africaine (UA). Cet organisme peut, selon elle, jouer un rôle important dans la lutte contre le terrorisme grâce à son adoption de la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples.

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