Mawazine: Susana Baca, l'engagement musical

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SUSANA BACA
Youness Hamiddine
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MUSIQUE - Elle est un des grands noms de la musique latino-américaine. La Péruvienne Susana Baca était en concert hier soir au Festival des rythmes du monde de Mawazine, au théâtre Mohammed V de Rabat.

Célèbre depuis des années dans son pays, elle se fait connaître à l'international en 2002 quand elle remporte un Latin Grammy Award pour son album Lamento Negro. Son cheval de bataille: populariser la musique afro-péruvienne. Cette musique qui est, comme elle nous l'explique, "la musique des anciens esclaves" et "qui contribue à la culture du Pérou".

En 2011, cette musicienne très célèbre dans son pays devient, à la surprise générale, ministre de la Culture pendant quelques mois. "Je pense être la première personne noire à devenir ministre au Pérou", déclarait-elle après sa nomination. En réalité, elle est la seconde, mais cette déclaration montre la volonté de la musicienne de mettre en avant l'héritage et les droits de la communauté afro-péruvienne.

"Pendant les premières années après la fin de l'esclavage, la musique des anciens esclaves se pratiquait seulement dans les maisons, et pas de manière publique. Elle était limitée à la sphère privée et beaucoup de choses se perdaient", explique l'artiste au HuffPost Maroc.

Mais pour cette dernière, sa mission ne s'arrête pas seulement à la musique. "Certes le gouvernement a demandé pardon pour l'esclavage mais aujourd'hui, la population afro-péruvienne veut l'équité, le même accès à l'éducation, au travail, à la santé... la culture viendra après mais nous voulons l'égalité des chances!", lance-t-elle.

baca

"Cette année, j'ai été agréablement surprise que l'on m'ait invitée à ce festival très important. Pour nous les musiciens, Mawazine est le plus important festival de musique dans cette région du monde. Il y a des festivals de jazz, mais des événements comme celui-ci, il n y en a pas beaucoup!".

Tendres passions

Une artiste engagée et chaleureuse qui a donné un concert à son image. A 72 ans, la musicienne déborde encore d'énergie sur scène. Au théâtre, elle était bouleversante de tendresse et d'humilité. Pieds nus et vêtue d'une robe bleu turquoise, elle a esquissé quelques pas de danse et semblait parfois flotter sur la scène.

susana baca

Le public n'était malheureusement pas très nombreux mais dévoué en majorité à la chanteuse, applaudissant généreusement à la fin de chacune de ses performances.

La grande dame de la musique péruvienne a enchaîné des titres afro-péruviens, sa musique de prédilection, mais également des chansons de compositeurs espagnols, comme notamment une adaptation en musique d'un poème de Lorca, sur la chanson "Hallellujah" de Leonard Cohen.

Une musique tour à tour mélancolique, entraînante, touchante... A la dernière chanson, une partie du public a fini par se lever pour esquisser quelques pas de danse.

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