Imbroglio général au sein d'En Marche! au Maroc

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En Marche! Maroc en plein mouvement | DR
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POLITIQUE - Le lancement de la campagne pour les législatives françaises dans la 9ème circonscription des Français de l'étranger a provoqué un imbroglio au sein de la branche marocaine de La République En Marche!, le mouvement créé par le nouveau président Emmanuel Macron.

Depuis son investiture dans la 9ème circonscription, la candidate franco-algérienne Leila Aïchi suscite de vives polémiques auprès des adhérents d'En Marche! Afrique, notamment au Maroc. Ses déclarations concernant le Polisario et le Sahara ont été contestées au sein même du mouvement.

Leila Aïchi retirée de la liste

Le 16 mai, la candidate avait alors répondu à ses détracteurs dans un communiqué, se défendant d'avoir tenu certains propos et condamnant "des accusations infondées {qui} ont été publiées, souvent de façon anonyme, sur les réseaux sociaux, pour tenter d'entacher mon intégrité et mon indépendance." Leila Aïchi avait aussi réaffirmé son engagement dans les législatives françaises.

Mais son communiqué n'a visiblement pas suffi. Leila Aïchi a été retirée de la liste des candidats En Marche! aux législatives. "Je pense qu'elle a été retirée pour calmer le jeu. C'est une tactique pour désamorcer l'hystérie qu'il y a autour de cette affaire. Mais il y a de fortes chances qu'elle soit remise. Et s'il n'y a personne d'investi sur la circonscription, ça serait un très mauvais signal", confie au HuffPost Maroc un proche de Leila Aïchi.

M'jid El Guerrab confirme sa candidature

Mercredi 17 mai, le mouvement s'est réuni autour de M'jid El Guerrab à Casablanca. Ce dernier a annoncé qu'il était candidat pour la 9ème circonscription sous l'étiquette En Marche! Son nom ne figure cependant toujours pas sur la liste officielle des candidats investis pour les législatives.

"Je suis candidat de la République En Marche! Est-ce que je suis candidat officiel ou officieux, ce n'est pas mon sujet. Je suis candidat des Françaises et des Français, avec la légitimité du terrain, avec la confiance du président de la République", a-t-il assuré au HuffPost Maroc lors d'une conférence de presse. "Je suis candidat de la génération Macron. Je suis le candidat qui sera fidèle et loyal au président de la République. Je suis déterminé et je vais aller jusqu'au bout. J'ai déposé ma candidature vendredi dernier", a-t-il ajouté.

Le militant ne veut cependant pas s'occuper de la candidature de Leila Aïchi. "Sa candidature ne nous concerne pas. Elle est celle du président du Modem et non celle du président de la République. Je ne veux pas parler d'elle, parce qu'elle ne m'intéresse pas. Elle a ses soutiens et j'ai les miens. On va faire campagne, se confronter et ce sont les Français qui vont choisir", a indiqué le candidat. Le comité En Marche! Casablanca avait, à l'unanimité, affirmé son soutien à M'jid El Guerrab.

Ce dernier a ajouté qu'il entamerait, dès ce week-end, une "marche" pour aller à la rencontre des Françaises et des Français.

Hamza Hraoui, référent national, se retire

Dernier retournement de situation, ce jeudi 18 mai, Hamza Hraoui, référent national de La République En Marche! Maroc, a annoncé qu'il se retirait. "Ce retrait était programmé depuis des mois et n'a pas de lien avec la polémique suscitée par l'investiture de la République en Marche pour la 9ème circonscription", souligne le mouvement dans un communiqué.

C'est Jean Olivier d’Arfeuillère, référent du comité de Tanger, qui remplacera Hamza Hraoui en tant que référent national. "Une personne de grande valeur, un homme de consensus. Il a l'appui de tous les comités. Il est également le plus ancien référent", a souligné Hamza Hraoui dans le communiqué.

Avant de partir, le militant En Marche! a adressé une lettre à ses collaborateurs du Maroc. Il les a remerciés pour "les mois d'engagement et de mobilisation qui ont porté Emmanuel Macron en tête du premier et du deuxième tour au Maroc".

"Avec vous, nous avons accompli des choses exceptionnelles: nous avons mené une belle bataille pour un mouvement qui venait de naître, on a réussi. Au Maroc, c'était la première fois qu'une antenne politique se mobilisait autant pour une émanation politique française. En Marche Maroc c'est une start'up (...) qui produit et qui mobilise. C'est aussi des centaines d'heures de réunions, des centaines de notes produites, issues de plus de 50 réunions et rencontres sur tout le territoire national. Et c'est grâce à vous", a affirmé Hamza Hraoui.

Il reste cependant adhérent du mouvement. "Le QG s’appuiera sur lui pour structurer les relais du mouvement en Afrique", conclut le communiqué.

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