Al Hoceima: La mobilisation commence

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AL HOCEIMA GREVE
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TENSIONS - Les protestataires affluent à Al Hoceima de toute la région du Rif, les commerces sont fermés et sur les rideaux baissés, des affiches: "Nous sommes des Rifains, pas des séparatistes". Des barrages de police se mettent en place.

Les premières constations faites sur place par des journalistes décrivent le début de la grève générale qui sera suivie, après la prière d'Al Asr, d'une marche. Une manifestation qui arrive en réponse à l'appel lancé hier par le "mouvement populaire du Rif". Objectif: dénoncer les déclarations de la majorité gouvernementale qualifiées de "provocatrices".

Ambiance détendue

"L’ambiance est détendue, malgré le déploiement massif des forces de l’ordre", affirme Mourtadi Aamarchane, membre du mouvement. Selon ce dernier, les manifestants ne cherchent pas la confrontation, mais à prouver leur citoyenneté. "Les protestataires comptent brandir le drapeau national. Ils sont attachés aux constantes nationales", précise-t-il.

Le vice-président de la section AMDH-Al Hoceima, Ali Benmeziane, se montre moins optimiste. "Les gendarmes, qui représentent une institution quasi-militaire, sont présents en force. Des tentes ont été installées partout dans la ville, mais nous ne savons pas si ces éléments sont là pour encadrer la manifestation ou pour la réprimer", se demande-t-il. Selon ce dernier, des rumeurs circulent aussi sur une éventuelle visite inopinée du roi, ce qui pourrait expliquer la mobilisation de ces troupes.

A l'origine

A l’origine de cette manifestation, les déclarations des partis de la majorité à l’encontre du mouvement de protestation rifain. Les chefs des six formations politiques avaient dénoncé, après leur réunion avec le ministre de l’Intérieur, tenue dimanche dernier, une "instrumentalisation" des manifestations par des "parties étrangères". Ils ont également accusé le mouvement d’exprimer des revendications à "caractère séparatiste".

Ces déclarations ont suscité la colère du mouvement et poussé les sections régionales du PJD et de l’USFP à se désolidariser de leurs directions respectives. Les représentations de ces deux partis ont rejeté en bloc les accusations de la majorité, tout en appelant le ministre de l’Intérieur à prouver l’existence "d’attitudes séparatistes" et à préciser quelles "parties étrangères" seraient derrière ce mouvement social. La Jamaa "Al Adl Wal Ihsane", qui soutient également les protestataires, a appelé le gouvernement, dans un communiqué publié hier, à présenter ses excuses à la population locale.

Des associations, comme l'AMDH, ont également acculé la majorité au pied du mur. L'ONG l'accuse de vouloir se substituer à la justice.

"Nous sommes des Rifains, pas des séparatistes"

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