Attaques au "Ransomware": Microsoft, coupable ou victime ?

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RANSOMWARE
DAMIEN MEYER via Getty Images
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Dans le chapitre de la protection des données, les choses sérieuses commencent. L’option de trouver un compromis entre la sécurité numérique et la vie privée des usagers est plus que jamais fragilisée.

En effet, la vague des attaques informatiques par ransomware de cette semaine a bloqué plus de 200.000 ordinateurs tournant sous Windows. Selon plusieurs avis d’experts en cybersécurité, ces attaques montrent bien de quoi est capable la NSA (National Security Agency), le bras technologique de la CIA (Central Intelligence Agency).

Ses techniciens ont conçu un protocole de communication pour guider les hackers de la planète entière vers une porte dérobée installée sur la quasi-totalité des versions de Windows pour infecter plusieurs dizaines de milliers d’ordinateurs dans le monde.

Les pirates ont réussi à semer le chaos pour un faible résultat. Ils n’ont pu récolter que peu de gains financiers. En revanche, la NSA a réalisé un coup historique. Elle a innové en matière de méthodes de collecte en masse des données sensibles. Même le puissant Ministère de l’intérieur russe n’a pas échappé aux pirates, devenus des agents de la NSA sans le savoir.

L’agence américaine mérite d’être sanctionnée pour ces pratiques cybercriminelles qui nuisent énormément à la crédibilité d’une technologie comme l’informatique dans la construction d’une société de l’information totalement sécurisée.

Aussi, la NSA contribue, à travers ces attaques, à rendre moins sûr les produits logiciels de la compagnie Microsoft qui était obligée de réactiver la mise à jour de Windows XP. Pour rappel, en 2013, Microsoft avait déjà comparé les actes de la NSA à celles des cyberpirates.

Aujourd’hui, le titan de l’industrie du software n’hésite aucunement à considérer l’agence gouvernementale américaine comme une menace sérieuse contre la croissance du marché du cloud computing.

En clair, Microsoft voit son projet de migration du statut de fabricant de logiciels pour ordinateurs et terminaux vers le "Cloud-First" menacé par l’insistance du gouvernement américain à utiliser la NSA et le FBI pour intercepter clandestinement les données privées des usagers stockées dans serveurs cloud. La réaction de la firme de Redmond à ses attaques ne s’est évidemment pas fait attendre. Brad Smith, le chef de service juridique de Microsoft a affirmé que "ces attaques présentent un lien complètement involontaire mais déconcertant entre les deux formes de menaces informatiques les plus dangereuses du monde actuel: l’action des nations et l’action des organisations criminelles".

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