Trump assure avoir "le droit" de partager des informations avec la Russie (VIDÉO)

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Accusé d'avoir été trop bavard avec le chef de la diplomatie russe, Donald Trump a revendiqué mardi le droit de partager des renseignements, affirmant l'avoir fait pour que Moscou s'implique avec plus de détermination dans la lutte contre le groupe Etat islamique.

"En tant que président, je voulais partager avec la Russie, comme j'en ai absolument le droit, des faits concernant (...) le terrorisme et la sécurité aérienne", a écrit Donald Trump sur Twitter dans deux messages matinaux.

Il a expliqué l'avoir fait "pour des raisons humanitaires" et vouloir "en plus que la Russie renforce nettement sa lutte contre l'EI (groupe Etat islamique, ndlr) et le terrorisme".

Après s'être ainsi justifié, le président américain a contre-attaqué en dénonçant à nouveau "les fuites" venant selon lui du monde du renseignement, faisant référence, toujours sur Twitter, à l'ex-chef du FBI James Comey qu'il a récemment limogé.

"J'ai demandé au directeur Comey et à d'autres, depuis le début de mon administration, de trouver les RESPONSABLES DES FUITES dans la communauté du renseignement", a-t-il souligné.

Donald Trump entretient des relations tendues avec les services de renseignement, qu'il a vertement critiqués lors de sa campagne présidentielle.

La méfiance est telle, selon des médias américains, que des agents avaient prévenu après sa victoire des homologues étrangers qu'il pourrait être dangereux de donner des informations à l'administration Trump, sous peine de les voir partagées avec d'autres pays comme la Russie.

Pour l'ancien chef de la CIA Leon Panetta, proche des démocrates, cette nouvelle affaire "entame la crédibilité de la présidence".

"C'est le président des Etats-Unis, pas une star de la téléréalité", a-t-il asséné sur CNN, en référence au passé médiatique de Donald Trump.

Selon le Washington Post, M. Trump a, lors d'une rencontre récente à la Maison Blanche avec Sergueï Lavrov, évoqué des informations ultra sensibles concernant une opération du groupe Etat islamique en préparation.

Ces renseignements avaient été communiqués par un partenaire des Etats-Unis qui n'avait pas donné l'autorisation à Washington de les partager avec Moscou, selon le journal.

Le général H.R. McMaster, qui dirige le Conseil de sécurité nationale et a assisté à la réunion, a démenti que des sources ou des méthodes de renseignement aient été évoquées lors de cette conversation, sans toutefois explicitement contester que des informations classifiées aient été divulguées par le président américain.

Des experts soulignent que la seule révélation de ces informations pourrait permettre aux Russes de remonter à la source et d'en déduire la façon dont les renseignements ont été recueillis.

Selon le général, MM. Trump et Lavrov ont passé en revue "les menaces posées par des organisations terroristes à nos deux pays, y compris les menaces pesant sur l'aviation civile".

De son côté, le Kremlin a qualifié mardi de "grand n'importe quoi" cette affaire, son porte-parole, Dmitri Peskov, déclarant qu'il s'agissait d'"un sujet que nous ne voulons ni démentir ni confirmer".

Selon un responsable américain cité par le Washington Post, les informations communiquées par M. Trump à M. Lavrov ainsi qu'à l'ambassadeur de Russie aux Etats-Unis Sergueï Kisliak, également présent, avaient l'un des degrés de classification les plus élevés utilisés par les agences de renseignement américaines.

'Grave accusation'

Le président américain "a révélé plus d'informations à l'ambassadeur russe que nous n'en avons partagé avec nos propres alliés", a indiqué ce responsable, sous couvert d'anonymat.

La question de ses relations avec la Russie plane sur Donald Trump et son entourage depuis bien avant son arrivée à la Maison Blanche fin janvier.

Avant son limogeage, le chef du FBI James Comey avait annoncé que ses services enquêtaient sur l'éventuelle collusion entre l'équipe de campagne du milliardaire américain et la Russie. Deux commissions parlementaires s'intéressent également à la Russie, soupçonnée d'ingérence dans la campagne américaine.

Pour le blogue américain spécialisé Lawfare, référence aux Etats-Unis notamment sur les questions légales relatives au terrorisme, "il s'agit peut-être de la plus grave accusation de mauvaise conduite présidentielle en quatre mois d'une administration Trump plombée par les scandales".

Ses auteurs soulignent que le président est autorisé à révéler les informations qu'il désire et n'a donc pu "enfreindre aucune loi pénale". Mais les données communiquées "pourraient être utilisées pour déduire des sources et méthodes qui n'ont pas directement été révélées".

"Si c'est avéré, Trump n'a pas seulement compromis nos propres sources de renseignement, mais aussi celles d'un autre pays", poursuivent ses auteurs. Or le partage du renseignement entre Washington et ses alliés "est essentiel pour la sécurité des Etats-Unis dans le monde, et en particulier dans la lutte de la coalition contre l'EI", soulignent-ils.

"C'est n'importe quoi"

Le Kremlin a qualifié mardi de "n'importe quoi" l'affaire des informations classifiées que le président américain Donald Trump a révélé, selon le Washington Post, au chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

"Pour nous, ce n'est pas la question, c'est encore une fois n'importe quoi. Et nous ne voulons rien avoir à faire avec ce n'importe quoi. C'est du grand n'importe quoi", a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, à des journalistes, ajoutant n'avoir "ni à démentir ni à confirmer" ces informations.

Ces informations avaient été communiquées par un partenaire des Etats-Unis qui n'avait pas donné l'autorisation à Washington de les partager avec Moscou.

Washington et Moscou prônent des approches opposées dans le dossier syrien: les Etats-Unis souhaitent le départ du président syrien Bachar al-Assad, que la Russie soutient militairement depuis septembre 2015.

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