Métiers verts: Préparer d'abord le terrain en finançant l'économie verte

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SOLAR ENERGY MOROCCO
A thermosolar power plant is pictured at Noor II near the city of Ouarzazate, Morocco, November 4, 2016. Picture taken November 4, 2016. REUTERS/Youssef Boudlal | Youssef Boudlal / Reuters
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EMPLOI - Les jeunes chercheurs d'emploi dans le domaine du développement durable, qui ont assisté à la 2e édition du Forum marocain des métiers verts, organisé ce mardi à Rabat, sont restés sur leur faim. En effet, la question de l’impact de la Cop22 sur les métiers verts est restée sans réponse. Le but était pourtant de tracer l’évolution des postes d’emploi dans ce domaine. Rien de tel n’a été précisé. Les intervenants sont restés dans les généralités, se contentant de rappeler les enjeux de l’accord de Paris et les programmes mis en place pour le Maroc dans le cadre du développement durable. La salle s'est, toutefois, réjouie de l'annonce de la reconduction du programme "Cleantech" pour l’innovation et les emplois verts. Ce programme, lancé pour la première fois en 2016, offre aux candidats sélectionnés la possibilité de bénéficier d'un financement leur permettant de concrétiser leur projet.

Des niches en perspective

Les métiers verts sont appelés à se développer avec l’introduction de la dimension environnementale dans tous les secteurs. "Le Maroc n’échappera pas à cette évolution", affirme Said Mouline, directeur général de l’Agence marocaine pour le développement des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique (ADEREE). Et d’ajouter que des niches commencent déjà à se développer. Selon Kaouar Belrhiti Alaoui, responsable "R&D" à l'Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles (IRESEN), le traitement des eaux usées offrent 21,4% des postes d’emplois verts. La prévention des risques environnementaux représente 15%, la production et distribution des énergies renouvelables ainsi que la performance énergétique des bâtiments 13,4% chacune. Le reste est réparti entre la dépollution des sites et des sols et le traitement des déchets.

Préparer le terrain

Le développement des métiers verts n’est possible que si le Maroc migre totalement vers une économie verte. Des actions ont déjà été entreprises dans ce sens avec le lancement de la stratégie énergétique et le Plan Maroc Vert, comme l’a souligné Mohamed Benyahya, directeur du partenariat et de la coopération au secrétariat d’Etat du développement durable. Toutefois, le rythme de mise en œuvre de ces programmes et, par conséquent, le passage à une économie verte qui, elle même, conditionne le développement des métiers verts, ne sera possible que si des ressources additionnelles sont mobilisées.

Mohamed Benyahya courtise surtout les bailleurs de fonds internationaux pour contribuer à l’exécution des engagements pris par le Maroc en matière d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre (GES). L’objectif de réduire celles-ci de 42% coûtera au Maroc pas moins de 500 milliards de dirhams, dont plus de la moitié doit être apportée par les organismes internationaux. "Sur les 42% de réduction des émissions de GES, 17% seront financés par nos propres ressources", précise M. Benyahya. Tout l’enjeu est de créer les conditions favorables pour capter l’investissement privé. Surtout que les ressources publiques risquent de baisser, selon la dernière réunion des ministres des finances du G20.

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