Panama Papers: Ali Haddad bénéficiait d'une société offshore enregistrée aux îles Vierges britanniques

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ALI HADDAD
Algerian businessman and president of FCE, Ali Haddad, delivers a speech during the opening ceremony of the the African Investment and Business Forum, on December 3, 2016.More than 2,000 delegates from across Africa attended the African Investment and Business Forum, aimed at boosting the continent's economic potential. / AFP / RYAD KRAMDI / RYAD KRAMDI (Photo credit should read RYAD KRAMDI/AFP/Getty Images) | AFP via Getty Images
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Ali Haddad est cité à son tour par les Panama Papers. Le président du Forum des chefs d'entreprise (FCE) détenait une compagnie offshore créé par le cabinet panaméen Mossack Fonseca en 2004, aux îles Vierges britanniques. Selon le quotidien français Le Monde, le P-DG du groupe de travaux publics ETRHB Haddad a également surfacturé des tubes en acier fournis par des partenaires turcs, chargés de la réalisations de projets en Algérie.

Selon les documents fuités du projet "Panama Papers, Ali Haddad était le bénéficiaire d’une compagnie enregistrée par Mossack Fonseca en novembre 2004 aux îles Vierges britanniques. Nommée "Kingston Overseas Group Corporation (KOGC)", cette société offshore était administrée par son fondé de pouvoir, un certain Guy Feite. Ce Français établi au Luxembourg gérait d'ailleurs la société offshore du ministre de l'Industrie, Abdeslem Bouchouareb.

Selon la même source, Kingston Overseas Group Corporation a ouvert en février 2008 un compte dans une agence de la banque HSBC du quartier londonien Knightsbridge. Les Panama Papers révèlent que le revenu déclaré au titre de cette année était de 67.000 livres sterling (88.000 euros à l'époque), tablant sur un revenu de 2.43 millions de livres sterling l'année suivante.

Entre temps, une autre compagnie offshore gérée par Guy Feite, Campbell Management Inc. a été créée et désignée pour administrer KOGC. Toutefois, celle-ci, spécialisée dans les investissements immobiliers, est déjà administratrice, depuis janvier 2005, d'une autre société panaméenne créé par Mossack Fonseca, nommée Markham Financial Services Corp.

Depuis le mois d'avril 2009, cette société est associée à une coquille vide, domiciliée au Nevada, aux Etats-Unis, et nommée "Marbury International Business Group LLC", poursuit Le Monde.

Cette source rajoute que ce montage a ainsi permis de divulguer le nom du président du FCE, qui n'est apparu que lorsque le Français Guy Feite a communiqué, dans un courriel datant du 13 avril 2010 les noms des bénéficiaires économiques de quelque 70 compagnies administrées par sa société la Compagnie d’étude et de conseil (CEC).

De la surfacturation au profit de ses partenaires turcs

Le Monde rajoute que le P-DG du groupe ETRHB Haddad a également procédé à des surfacturations des tubes en acier d'un des fournisseurs trucs, dans le cadre des projets de raccordement de la station de dessalement de Tafsout Honaine au réservoir de Lalla Setti, à Tlemcen et de dérivation des eaux de l’oued Al-Harrach, dans la wilaya d’Alger.

La même source explique que le groupe algérien, pour les besoins de deux projets susnommés, a signé avec la société turque Erciyas Celik Boru un contrat de 10 millions de dollars pour la fourniture de 90 km de "tubes en acier soudés en spirale avec revêtement époxy" de diamètres variant entre 800 mm et 1400 mm.

Le quotidien a affirmé que ce fournisseur turc a ainsi surfacturé ce matériel. "Sachant que la masse linéaire d’un tube rond en acier d’un diamètre de 1200 mm est de près de 180 kg/m et que le prix de la tonne était en moyenne de 350 dollars, cela aurait dû donner un prix autour de 5,5 millions de dollars pour l’ensemble des tuyaux fournis par l’entreprise turque", explique-t-on.

Le Monde explique que la société turque a optimisé les revenus de ses prestations à travers un montage de sociétés offshare, lui permettant de "ventiler la différence entre le coût réel des tubes et le montant facturé".

"Sans fondements"

Réagissant à travers son service de presse, le président du FCE a affirmé que ces informations sont "sans fondement", les qualifiant de "réchauffé".

"Avec cette histoire des Panama Papers, les gens se retrouvent dans des situations de "à qui le tour" et à chaque fois "le tour" et à chaque fois nous avons droit à des affirmations sans fondement", a-t-on poursuivi, ce mardi.

Ali Haddad n’est pas entré dans le détail des informations publiées par Le Monde. "Je suis un chef d’entreprise respectueux des lois qui met toute son énergie et ses investissements au service de l’économie et du développement de mon pays", a-t-il déclaré.

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