Donald Trump a dévoilé des informations top secrètes à la Russie en voulant se vanter

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YURI GRIPAS / REUTERS
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ÉTATS-UNIS - La simple image de la rencontre entre Donald Trump et le ministre russe des Affaires étrangères avait fait grincer des dents. Le contenu de leurs échanges, dévoilé ce lundi 15 mai par le Washingon Post -puis le New York Times et BuzzFeed News-, va faire hurler.

Lorsque le président américain a reçu Sergueï Lavrov à la Maison-Blanche le 10 mai, il a pris le temps de poser tout sourire pour quelques clichés -qu'il pensait réservés aux archives russes- puis a conduit son invité dans le Bureau ovale pour une discussion à huis clos.

Le milliardaire new-yorkais aurait alors pris des libertés avec la feuille de route qu'on lui avait donnée et abordé les détails confidentiels d'une menace provenant de l'État islamique alors qu'il se vantait de la qualité des informations qui lui étaient transmises. "Je reçois d'excellents renseignements. J'ai des gens qui me briefent avec d'excellents renseignements chaque jour", a assuré Trump selon un membre de la Maison Blanche.

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D'après les informations du Washington Post, Donald Trump a dévoilé des aspects précis de cette menace de Daech dont les États-Unis ont pris connaissance grâce au réseau d'espionnage d'un de ses partenaires.

S'il n'a pas dit au ministre russe des Affaires étrangères exactement comment ces informations avaient été obtenues, le président aurait notamment dévoilé dans quelle ville assiégée par le groupe terroriste sa source avait découvert la menace.

Des détails qui pourraient être très utiles à Moscou

Le journal explique que partager une telle information pose problème car cela pourrait aider la Russie à identifier la source alliée des États-Unis sur place. La source en question pouvant aussi servir afin de donner des détails sur les actions et la présence des Russes en Syrie, il serait en effet très utile à Moscou d'en connaître l'identité, voire de l'empêcher de travailler.

Le New York Times et le Washington Post indiquent qu'a priori la divulgation n'est pas illégale, le président pouvant partager presque comme il le veut toutes les informations classifiées. Le faire sans prévenir la source alliée qui a fourni les renseignements va cependant à l'encontre des bonnes pratiques à observer dans le domaine de l'espionnage.

Ces détails ont pu être transmis aux États-Unis avec la volonté qu'ils ne soient pas partagés, et contrevenir à ce genre d'accord entrave la confiance nécessaire entre alliés pour faire circuler les informations récoltées par les uns et les autres.

Le président américain "a révélé plus d'informations à l'ambassadeur russe que nous n'en avons partagé avec nos propres alliés", indique un responsable.

Les proches tentent de limiter la casse

Plusieurs membres de la Maison Blanche se seraient rendu compte rapidement du dérapage du président américain avant de tenter de limiter la casse en contactant la CIA et la NSA, les deux agences qui étaient en contact avec cet allié sur le terrain. Les passages sensibles de cet entretien ont aussi été supprimés des compte-rendus et les transcriptions complètes n'ont été transmises qu'à un groupe réduit de personnes pour éviter les fuites.

Plusieurs sources anonymes ont rappelé au Washington Post que le Conseil de sécurité nationale prépare des briefings de plusieurs pages à Donald Trump pour le guider dans ses conversations avec les dirigeants étrangers mais que le président insiste pour que ces derniers soient réduits à des points clés sur une seule feuille, et qu'il n'en tient souvent, au final, même pas compte.

La Maison Blanche a rejeté lundi soir avec force cet article du Washington Post. "L'histoire qui a été publiée ce soir est fausse (...). J'étais dans la pièce, cela ne s'est pas passé", a déclaré le général H.R. McMaster, qui dirige ce Conseil de sécurité nationale, lors d'une brève allocution.

Ces informations du journal risquent d'être d'autant plus difficiles à digérer que la rencontre entre Donald Trump et Sergueï Lavrov est intervenue quelques heures seulement après le limogeage surprise du patron du FBI James Comey, en partie pour son enquête sur l'éventuelle collusion entre la campagne Trump et les Russes.

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