Ce boomerang Chanel à 2000 dollars a mis en colère pas mal de monde

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MODE - Un boomerang à 2000 dollars. Outre son coût exorbitant qui retient l'attention des internautes - 1930 dollars pour être précis ( 742 euros) - cet "accessoire" en bois et résine noire de la collection printemps-été 2017 de Chanel scandalise.

L'objet est apparu pour la première fois sur les réseaux sociaux le 26 janvier dernier, mais n'avait alors pas fait de vague. Il aura suffi que Jeffree Star, DJ et mannequin américain aux 965.000 abonnés publie une photo sur Instagram et Twitter le 15 mai pour mettre le feu aux poudres.

"Je m'amuse tellement avec mon nouveau boomerang Chanel"

Loin de s'en amuser, les internautes n'ont pas tardé à crier au scandale. Chef d'accusation: Chanel humilierait la culture aborigène australienne en s'appropriant cet objet.

Car bien avant l'utilisation ludique et la forme qu'on lui connaît aujourd'hui, le boomerang était une arme de chasse, inventée par les indigènes d'Australie.

"Jeffree Star, au lieu de dépenser 2000 dollars pour un boomerang Chanel, tu devrais penser à en acheter un fabriqué par un Aborigène australien."

"Quand même Chanel essaie de dévaliser ta culture."

"Un boomerang Chanel? Quel manque de respect. Je suis dégoûtée."

"J'ai décidé d'économiser de l'argent pendant les trois années à venir pour pouvoir me rapprocher de ma culture avec Chanel."

Ce dernier tweet a été posté par Nayuka Gorrie, activiste et essayiste qui se bat pour défendre les droits et le patrimoine culturel des habitants natifs d'Australie. Contactée par The Guardian, elle estime que l'idée d'un tel boomerang est "si mauvaise qu'elle en est presque absurde".

Absurde, voire indécente, quand on sait que la communauté indigène est la tranche de population la plus pauvre et la plus marginalisée du pays. Ce que souligne Nathan Sentance, chargé d'une exposition sur la culture aborigène à l'Australian Museum de Sydney: "Avec un prix de 1930 dollars, il coûte environ 10% du revenu annuel moyen des Aborigènes."

Pour Nayuka Gorrie, la situation et sa solution sont simples:

"Posséder une marque de luxe et piller, s'approprier, et tirer profit de nos cultures pour récolter autant d'argent est grotesque et blessant. Si Chanel veut vraiment respecter les cultures aborigènes, elle n'a qu'à commencer par retirer ce produit de la vente et présenter ses excuses. La prochaine étape serait par exemple de soutenir les stylistes noirs."

Chanel a fait savoir au Guardian qu'elle faisait "extrêmement attention à respecter toutes les cultures" et regrettait "que certaines personnes aient pu se sentir offensées".

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