Attentats du 16 mai: Appel à la création d'un réseau et d'un prix pour mieux combattre l'extrémisme

Publication: Mis à jour:
CASABLANCA ATTACKS
Reuters
Imprimer

COMMÉMORATION - Il y a 14 ans, jour pour jour, en plein cœur de la capitale économique, une série de cinq attentats perpétrés par une dizaine de kamikazes fauche la vie d’innocents au nom d’une idéologie obscurantiste. Bilan: 41 morts et une centaine de blessés, dont le traumatisme et les séquelles ne s’effaceront jamais. Depuis, des associations sont nées, certaines pour représenter les victimes et d’autres pour engager le combat contre l’extrémisme. Un chemin long et difficile.

"Ces attentats terroristes ont changé radicalement notre traitement des questions cruciales. Sur le plan sécuritaire, la vigilance s’est renforcée, certes, permettant d’éviter des attentats. Mais beaucoup reste à faire au niveau de la prévention socio-éducative", déclare, au HuffPost Maroc, Mohamed Quamar, le président de l’Observatoire marocain de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme. Il faut plus et mieux agir, selon M. Quamar, pour qui la sensibilisation des générations n’est pas acquise tant que les manuels scolaires ne sont pas mis à contribution. "Il y a eu des tentatives, mais timides. Nous sommes bien loin d’atteindre l’objectif", reconnait-il.

N’importe qui peut devenir terroriste

Pour "atteindre l’objectif", l’Observatoire estime urgent d'ouvrir un débat national sur la culture de la tolérance pour "préserver la société marocaine d’idées extrémistes". "N’importe qui peut cacher au fond de lui des idées du genre et se faire prendre dans le piège des obscurantistes. Il faut vraiment agir à l’intérieur même de la société", recommande le président de cet Observatoire. Aussi le temps est-il venu, pour ce dernier, de lancer son appel de fédérer les efforts des uns et des autres.

"Nous appelons à la création d’un comité national composé d’instances publiques et d’associations pour combattre ensemble l’extrémisme et le terrorisme", lance M. Quamar, précisant que cette initiative vise à créer un réseau où les uns et les autres fédéreront leurs efforts pour agir dans la complémentarité.

L’Observatoire propose, dans ce sens, le lancement d'un prix national de la tolérance et de la lutte contre la haine et l’extrémisme. Un prix qu’il souhaite destiner aux associations, mais aussi aux intellectuels, penseurs et hommes politique ayant consacré leurs travaux à cette cause.

Les associations sans ressources

"Les associations, ont un rôle primordial à jouer, surtout celles qui travaillent sur le terrain. Elles sont en contact direct avec tout le monde et la sensibilisation s’avère alors plus efficace. Pour nous, il ne s’agit pas de commémorer les attentats, mais d'en prévenir d’autres en éradiquant les racines de l'extrémisme", précise M. Quamar.

L’Observatoire organise ainsi tout au long de l’année des activités culturelles et des débats. Pour ce mardi 16 mai 2017, la structure a prévu d’organiser une conférence sur le rôle des médias dans la lutte contre l’extrémisme et le terrorisme à la bibliothèque Mers Sultan à Casablanca, à 18h. "Malheureusement, les bonnes volontés des associations ne leur permettent pas de remplir leurs missions. Elles souffrent, dans la plus grande majorité, de manque de moyens logistiques et financiers. Certaines n’ont même pas de siège et ce sont souvent les cotisations des adhérents qui servent de financement", regrette le président de l’Observatoire, justifiant ainsi que les sorties des associations soient occasionnelles et sporadiques .

LIRE AUSSI