Sonatrach I: Mohamed Reda Meziane, fils de l'ex-PDG de la compagnie, cachait un compte bancaire en Suisse

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SONATRACH
Security guards and people gather outside a criminal court where starts the corruption trial against 19 former executives of state energy giant Sonatrach on June 7, 2015 in Algiers. Sonatrach's former chief executive officer Mohamed Meziane, two of his sons and eight ex-executive directors are among 19 defendants in the case while two foreign firms, Italian oil services company Saipem and Germany's Funkwerk, are also implicated in the case for allegedly having secured contracts fraudulently from | - via Getty Images
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Condamné à 6 ans de prison ferme et une amende de 2 millions de dinars pour corruption et blanchiment d'argent dans l'affaire "Sonatrach I", Mohamed Reda Meziane, fils de l'ex-PDG de la compagnie pétrolière Mohamed Meziane, n'a pas tout divulgué sur son patrimoine financier. Selon les Panama Papers, relayés dimanche 14 mai 2017 par le quotidien français Le Monde, cet homme de 45 ans cachait de l'argent en Suisse.

Des documents obtenus dans le cadre du projet "Panama Papers" montrent que Mohamed Reda Meziane a caché au moins un compte en Suisse à la police judiciaire et aux magistrats instructeurs, impliqués dans le procès de Sonatrach I.

Selon la même source, le fils de l'ex-PDG de Sonatrach, qui a purgé sa peine en détention préventive, a ouvert en décembre 2008 un compte bancaire dans une agence genevoise de Crédit suisse. Toutefois, lors de son audition par le juge d'instruction de décembre 2015 à février 2016, M. Meziane a affirmé ne disposer "que" de trois comptes à Paris, dans trois banques différentes (Barclays, Crédit lyonnais et Crédit agricole), outre un appartement dans la capitale française, cédé à ses deux enfants.

Le Monde explique par la suite que le compte suisse de Mohamed Reda Meziane a été créé par le biais de la société fiduciaire Junod, Muhlstein, Lévy & Puder (JMLP), rajoutant que ce clients est répertorié sous le numéro 153729 dans les livres de Crédit suisse.

Quelques mois après l'ouverture de ce compte bancaire suisse, le cabinet panaméen Mossack Fonseca est entré en jeu, sollicité par la société JMLP. Selon les documents cité "Panama Papers" et relayé par le même quotidien, la société fiduciaire Junod, Muhlstein, Lévy & Puder a demandé la création d'une compagnie offshore, domiciliée aux îles Vierges britanniques sous le nom de Jaxia Associates, pour cacher le compte de M. Meziane.

Cette coquille vide a été dissoute en avril 2010, quand le fils de l'ex-PDG de Sonatrach était en prison dans le cadre de l’instruction. Toutefois, Jaxia Associates avait été administrée dès décembre 2008 par une autre société écran, Capfid Management Services SA, panaméenne et enregistrée sous les noms des gestionnaires de fortune de la société JMLP, poursuit-on.

Mohamed Reda Meziane avait ouvert ce compte suisse lorsqu'il était lié par un contrat de consulting avec Saipem Contracting Algérie, filiale locale du géant italien ENI, condamnée dans la même affaire à une amende de 4 millions de dinars pour "majoration des prix en mettant à profit l’autorité et l’influence des agents d’un établissement à caractère industriel et commercial", rappelle Le Monde.

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M. Meziane était tenu, selon ce contrat, "d’informer l’entreprise des projets de Sonatrach dans le génie civil pétrolier et de lui fournir les données susceptibles de l’aider dans la préparation des offres techniques et commerciales". Néanmoins, ces contrats, le liant à Saipem de 2006 à 2009, étaient fictifs car, selon le magistrat, aucune trace de cette collaboration dans les archives n'existait.

Dans le cadre du procès Sonatrach I, Mohamed Reda Meziane était également poursuivi, tout comme son père Mohamed Meziane et que son frère Bachir Faouzi pour leur rôle joué dans l’attribution au groupement germano-algérien Contel-Funkwerk de 5 commandes publiques pour doter les installations de Sonatrach d’un système de télésurveillance, pour un montant total de 11 milliards de dinars.

Mohamed Réda a également bénéficié en 2008, à titre gracieux, d’un cinquième des actions dans le capital de Contel Algérie, qu’il avait ensuite rétrocédées au patron de l’entreprise, Mohamed Reda Djaafar Al-Ismaïl, pour un montant de 1,2 million de dinars.

D'ailleurs, c'est ce dernier qui avait financé l’acquisition en novembre 2008 pour un montant de 650.000 euros, d’un appartement de cinq pièces sis rue de Bagatelle, à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), au nom de Koucem Djerroud, la défunte mère de Mohamed Reda Meziane.

Lors de son audition, il a prétendu que son association avec M. Al-Ismaïl était légalement établie. Toutefois, ses arguments n’avaient pas convaincu le tribunal, qui avait conclu que le patron de Contel Algérie et ses partenaires allemands avaient bénéficié de l’influence de Mohamed Reda Meziane et de son père pour décrocher des marchés de télésurveillance et que l’argent perçu par M. Meziane était une rémunération indue.

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