Rached Ghannouchi: La campagne contre le projet de loi sur la réconciliation procède d'une instrumentalisation politique

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RACHED GHANNOUCHI
TUNIS, TUNISIA - MARCH 10: Leader of Tunisias Ennahda movement, Rached Ghannouchi speaks during an event named 'Tunisians.. Everbody is against violence' during the International Women's Day in Tunis, Tunisia on March 10, 2017. (Photo by Amine Landoulsi/Anadolu Agency/Getty Images) | Anadolu Agency via Getty Images
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Le dirigeant du mouvement Ennahdha Rached Ghannouchi a estimé, dimanche à Sfax, que la campagne "Maniche Msemah” (Je ne pardonnerai pas) et le recours de certaines forces sociales et politiques à la mobilisation de l’opinion publique contre le projet de loi sur la réconciliation, procède d’une instrumentalisation politique synonyme d’absence de maturité démocratique et de manipulation.

Le but étant, selon lui, d’établir à dessein un lien entre les partis de la coalition au pouvoir et la corruption dans le cadre d’une campagne électorale anticipée.

Dans une déclaration à la presse en marge du congrès régional d’Ennahdha à Sfax, Ghannouchi a indiqué que le projet de loi sur la réconciliation est simplement soumis à l’examen du parlement et a besoin d’être modifié.

Le président de la République est disposé à y apporter les modifications nécessaires. Il n’est donc nul besoin de mobiliser l’opinion publique et d’orchestrer des campagnes tendancieuses pour nuire à l’image du pouvoir politique avant de trancher la question, a-t-il dit.

Evoquant la décision du président de la République de charger l’armée nationale de la protection des sites de production du pétrole et du gaz, Ghannouchi a estimé que c’est une décision “pressante et exceptionnelle vu le blocage de ces sites sensibles”.

Il n’y a pas lieu de craindre l’armée qui était et restera un paravent pour défendre la patrie et la démocratie, a-t-il soutenu.

Sur un autre plan, Ghannouchi s’est dit énormément surpris de la décision du président de l’ISIE et de deux autres membres de l’instance de démissionner. Il a espéré qu’ils vont revenir sur leurs décisions, d’autant, a-t-il dit, que le président de l’instance a fait part de la disposition d’organiser les élections municipales dans les délais fixés.

Il est à rappeler qu'une marche de protestation contre le projet de loi sur la réconciliation économique et financière a été organisée samedi dernier à l’avenue Habib Bourguiba dans la capitale, dans le cadre de la campagne ” Maniche Msemah ”.

Plusieurs participants du Front populaire, du Courant démocratique, du Parti républicain, de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme et de l’Association des femmes démocrates étaient présents à cette marche.

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