73% des enfants marocains confrontés à une situation de privation

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Unicef
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ÉTUDE - Les résultats préliminaires d’une nouvelle étude sur la situation des enfants au Maroc, présentée ce lundi à Rabat, font froid dans le dos. Réalisée par le ministère de la Famille, de la Solidarité, de l'Égalité et du Développement social, cette étude montre que "73,1% des enfants souffrent de privation dans au moins un domaine".

Toutefois, la ministre en charge du département, Bassima Hakkaoui, n’a pas précisé les domaines dans lesquels se manifestent les souffrances de cette catégorie sociale. Les détails ne seront disponibles qu’au mois de septembre prochain. La ministre s’est contentée d’indiquer que des disparités régionales ont été relevées. Selon Mme Hakkaoui, 40% des enfants issus du milieu urbain ne subissent aucune privation, tandis que ce taux n'est que de 7,9% dans les campagnes.

Région MENA

Le problème de la pauvreté des enfants n’est pas propre au Maroc, mais touche la majorité des pays arabes, comme le montre le nouveau rapport de l’Unicef. Selon Geert Cappelaere, représentant du bureau régional de l’Unicef-Mena, 29 millions d’enfants souffrent de la pauvreté, soit 20% de l’ensemble des enfants dans la région.

Ce chiffre ne reflète pas la réalité dans la mesure où le rapport de l’UNICEF ne comporte pas d’indicateurs sur les enfants vivants dans les pays en conflit. Une chose est sûre: le risque d’être exposé à la pauvreté est 2 fois plus élevé chez les enfants dont le chef de famille est analphabète, indique le représentant de l’UNICEF.

Développement technologique

Lahcen Daoudi, ministre chargé des Affaires générales et de la gouvernance, n'est pas plus optimiste. Pour lui, les recettes des États ne permettront plus de lutter contre la pauvreté des enfants. En cause, l’adoption de certaines mesures qui affecteront ces recettes. Le ministre fustige notamment la décision du président américain, Donald Trump, de ramener le taux d’imposition de 35% à 15%. Le ministre craint que cette mesure soit également adoptée par l’Europe. "Le Maroc sera alors contraint d'emprunter le même chemin", prévient-il.

Le ministre s’attaque aussi au développement technologique. Celui qui pilotait le département de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique sous le gouvernement Benkirane, dénonce, aujourd'hui, le rythme d’évolution des nouvelles technologies. Il craint un impact négatif sur l’emploi. "Le développement technologique risque d’élargir le spectre du chômage. Les enfants seront, par conséquent, les premiers à être menacés par les effets du chômage", dit-il.

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