Emmanuel Macron officiellement investi président de la France

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Emmanuel Macron a été officiellement investi président dimanche lors d'une cérémonie à l'Elysée, devenant ainsi le 25e président de la France, le huitième de la Ve République.

"Aujourd'hui, en ce dimanche 14 mai, en cet instant précis où vous prenez vos fonctions, nous vous présentons nos félicitations les plus sincères", a déclaré le président du Conseil constitutionnel Laurent Fabius, après avoir rappelé les résultats du second tour de l'élection présidentielle lors duquel M. Macron a recueilli 66,10% des voix face à Marine Le Pen (Front national, 33,90%).

Le président Emmanuel Macron a promis dès son investiture dimanche de redonner "confiance" aux Français et de "refonder" l'UE, fixant le cap d'une présidence au cours de laquelle il n'entend "rien céder".

"Les Français ont choisi l'espoir et l'esprit de conquête", a lancé le plus jeune président de la République jamais élu en France, à 39 ans, qui entend les convaincre "que notre puissance n'est pas déclinante mais à l'orée d'une extraordinaire renaissance".

"Je veux rendre aux Français leur confiance en eux, depuis trop longtemps affaiblie", a-t-il insisté sur un ton grave, avec "la certitude intime que nous pouvons ensemble écrire une des plus belles pages de notre histoire".

"Les Français et Françaises qui se sentent oubliés, se verront mieux protégés" et "j'aurai la volonté constante de réconcilier et rassembler", a-t-il encore promis.

Dans ce premier discours officiel, Emmanuel Macron a souligné aussi le "rôle immense" de la France qui doit "corriger les excès du cours du monde et veiller à la liberté".

'En cet instant précis'

Il s'exprimait sous les ors de la Salle des fêtes du palais présidentiel au cours d'une cérémonie éminemment solennelle.

Auparavant, Laurent Fabius, président du Conseil constitutionnel, avait proclamé les résultats officiels de la présidentielle et prononcé les quelques mots de l'investiture: "En cet instant précis, vous prenez vos fonctions".

Emmanuel Macron a été élevé à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur avant de se voir présenter le Grand collier de Grand maître de la Légion d'honneur.

M. Macron avait été accueilli sur le perron de l'Elysée par le président sortant qui s'est abstenu de lui donner l'accolade, un fin sourire aux lèvres.

Le chef de l'Etat élu avait remonté le tapis rouge de la cour d'honneur devant un détachement et sous la musique de la Garde républicaine, très lentement et solennellement comme il avait rejoint la Pyramide du Louvre au soir de sa victoire.

Emmanuel Macron avait été précédé de dix minutes par son épouse Brigitte Macron, 64 ans, pour laquelle il voudrait que soit reconnu un statut officiel de Première dame.

Les deux présidents se sont entretenus dans le bureau présidentiel pendant une bonne heure, bien plus que la demi-heure prévue. C'est là que le sortant devait livrer à l'entrant quelques secrets d'Etat, à commencer par les codes de l'arme nucléaire.

Puis Emmanuel Macron a raccompagné François Hollande, son aîné de plus de 20 ans, jusqu'à sa voiture, l'applaudissant avant qu'il ne quitte la cour d'honneur. Il s'est ainsi gardé de rééditer la bévue de François Hollande qui, en 2012, avait tourné les talons sans attendre le départ de Nicolas Sarkozy.

- Larme à l'oeil -
Parmi les quelque 300 invités de cette investiture, figuraient les corps constitués (Conseil constitutionnel, bureau de l'Assemblée nationale et du Sénat, Cour de cassation...), des représentants des partenaires sociaux, des prix Nobel ainsi qu'une centaine de proches, principalement de sa famille et de celle de son épouse.

Au nombre des invités, une petite dizaine de "marcheurs" de la première heure, Richard Ferrand, Christophe Castaner, Renaud Dutreil, Gérard Collomb, la larme à l'oeil, Sylvie Goulard ou François Patriat et de nombreuses personnalités dont Nathalie Kosciusko-Morizet, Pierre Gattaz ou Elisabeth Guigou.

Emmanuel Macron a également invité le compagnon de Corinne Erhel, députée des Côtes-d'Armor décédée le 5 mai lors du dernier meeting de la campagne, celui de Xavier Jugelé, le policier tué le 20 avril sur les Champs-Elysées lors d'une attaque jihadiste -et auquel il a ensuite rendu hommage en faisant une halte sur les lieux de son assassinat- ainsi que la mère d'une militante d'En Marche! morte en voiture durant la campagne, à 29 ans.

La cérémonie s'est poursuivie dans les jardins de l'Elysée où le nouveau président a passé en revue les troupes tandis que 21 coups de canon étaient tirés depuis l'Esplanade des Invalides.

Puis Emmanuel Macron est sorti par la Grille du Coq, pour remonter seul les Champs-Elysées à bord d'un command car jusqu'à la place de l'Etoile, escorté des motards et des cavaliers de la Garde républicaine.

Comme le veut la tradition, il a ravivé la flamme sur la tombe du Soldat inconnu, sous une pluie battante qui n'était pas sans rappeler celle qui avait accompagné François Hollande cinq ans plus tôt en pareilles circonstances.

Près de 1.500 policiers et gendarmes étaient mobilisés, leurs nerfs mis à rude épreuve par le premier bain de foule du nouveau locataire de l'Elysée sur les Champs-Elysées.

Son marathon se poursuivra à 17H00 à l'Hôtel de Ville de Paris avec une nouvelle cérémonie, tout aussi traditionnelle.

Afin de relancer l'axe franco-allemand, il effectuera son premier déplacement à l'étranger lundi à Berlin et a choisi comme conseiller diplomatique l'actuel ambassadeur de France en Allemagne, Philippe Etienne, 61 ans. Son ancien directeur de cabinet à Bercy, Alexis Kohler, 44 ans, a été nommé secrétaire général de l'Elysée.

De son côté, François Hollande s'est rendu au siège du PS, rue de Solférino, comme l'avait fait François Mitterrand en 1995.

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