Les "femmes mulets", victimes de "harcèlement quotidien" selon une association espagnole

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Les "femmes mulets", victimes de "harcèlement" selon une association espagnole | Rafael Marchante / Reuters
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DROITS HUMAINS - Les conditions de travail des porteuses marocaines de marchandises de contrebande dans l'enclave espagnole de Sebta continuent de faire polémique.

L'Association des droits de l’homme de l’Andalousie (APDHA) vient d'adresser un rapport au parlement espagnol dans lequel elle dénonce "la violation systématique et continue" des droits de ces femmes, tristement rebaptisées "femmes mulets" en raison des très lourds ballots qu'elles portent sur leur dos.

"Mauvais traitements et harcèlement sexuel"

Les conditions dans lesquelles ces femmes travaillent sont "absolument dégradantes", estime l'association espagnole dans un communiqué publié mercredi 10 mai. "L'été, ces femmes attendent au poste-frontière de Tarajal pendant des heures sous le soleil, sans eau potable ni toilettes publique ni abri pour les protéger de la chaleur intense", explique l'association.

Selon les témoignages de plusieurs femmes recueillis par l'APDHA, ces dernières seraient également victimes de "harcèlement quotidien", de "mauvais traitements", et même de "harcèlement sexuel par les forces de sécurité des deux côtés de la frontière".

Alors que quatre femmes ont récemment trouvé la mort suite à des bousculades au poste-frontière de Sebta, l'ONG de défense des droits humains déplore que "le gouvernement espagnol tolère cette situation et n'assume pas sa responsabilité".

Elle appelle ainsi à reconnaître les droits du travail pour ces femmes et souligne l'importance de trouver des solutions avec les porteuses de marchandises "afin qu'elles puissent faire valoir leurs droits". Pour l'association, "les marchandises et les intérêts économiques ne peuvent pas être au-dessus du peuple, comme ce qui se passe depuis des années".

Les services de sécurité espagnols réagissent

Ces critiques formulées par l'association n'ont pas manqué de faire réagir les services de sécurité espagnols. Les syndicats de la police nationale et les associations de la Guardia civil ont décidé de porter plainte contre l'APDHA pour ces accusations qu'ils estiment sans fondements, rapporte la presse locale.

Mais l'association campe sur ses positions. Dans un second communiqué publié vendredi 12 mai, elle explique que les déclarations publiées dans le rapport concernant les abus, le harcèlement, la violence et d'autres éventuelles infractions pénales commises par les forces de sécurité nationale sont celles des femmes interrogées et ne doivent pas être comprises comme une affirmation de l'ONG.

"L'association n'a pas pour but de discréditer le travail accompli par les forces de sécurité et ne vise à aucun moment à endommager leur image", écrit l'APDHA qui explique avoir établi ce rapport "dans le but de rendre visible les violations des droits de ces personnes qui ne disposent pas de mécanismes pour les signaler".

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