Région de Rabat: De grandes ambitions avec peu de prérogatives réelles

Publication: Mis à jour:
AFZ331
MedZ
Imprimer

DÉVELOPPEMENT - Le Conseil de la région de de Rabat-Salé-Kénitra a enfin achevé son programme de développement régional. Celui-ci sera présenté aux membres du Conseil de la région ce lundi 15 mai, a indiqué Abdessamad Sekkal, lors d'une rencontre organisée sur les opportunités d'investissement dans la région. 

Cette feuille de route s'étale sur six ans. Elle prévoit une enveloppe de 7 milliards de dirhams pour promouvoir le développement socio-économique de la région. Sur ce total, seulement 1 milliard est apporté par la région. Les différents départements sectoriels ont mis la main à la poche pour miser le reste du budget. Toutefois, Sekkal n’a pas voulu en divulguer les détails.

Reste que cette feuille de route est très attendue. Elle permettra enfin à la région d’exercer les prérogatives qui lui sont dévolues par la loi organique sur les régions, notamment l’appui aux entreprises et la promotion du tourisme. Ce programme doit certes sortir mais cela ne suffit pas. En effet, l’implémentation de certaines actions prévues dans le cadre de ce programme, notamment le développement de la formation professionnelle, n’est pas gagnée pour autant. La déconcentration, qui permet aux régions d'exercer leurs attributions, ne suit pas. En effet, plusieurs décrets n’ont pas encore vu le jour près de deux ans après l'adoption de la loi organique.

Ambitions

En dépit de cela, Sekkal affiche de grandes ambitions. Il vise à détrôner la région de Casablanca pour récupérer la tête du podium en termes de créations de richesses. Pour Sekkal, sa région, qui contribue actuellement à hauteur de 16% au PIB, regorge de potentialités lui permettant d'atteindre cet objectif. Le président du Conseil régional cite notamment le Technopolis de Salé, la zone franche de Kénitra et la zone industrielle de Aïn Atiq. Mais encore faut-il diversifier l’économie régionale, qui reste dominée par l’activité agricole.

De plus, le niveau de qualification de la main d’œuvre risque aussi d’entraver les actions du Conseil de la région. En effet, une bonne partie de la population active est analphabète, comme l’affirme Sekkal.

Investissements

Rabat attire de plus en plus les investisseurs. En 2016, le Centre régional d'investissement (CRI) de Rabat a enregistré la création de 6.539 entreprises contre à peine 1.500 en 2003. Le montant des investissements agréés ne dépasse pas 11,4 milliards de DH. Étrangement, le nombre d'emplois générés paraît particulièrement élevé (24.614 postes). À titre de comparaison, celui sur lequel table la commission des investissements, qui a validé récemment des projets de 67 milliards de DH, ne s'élève qu'à 6.477 postes d'emploi.

capture

LIRE AUSSI:
Régionalisation: Une mise en œuvre défaillante